Thandie Newton regrette la façon dont elle a dépeint l’esclave de Thomas Jefferson dans « Jefferson à Paris »

ESCLAVAGISME Si c’était à refaire, l’actrice aurait imposé une vision différente de Sally Hemings 

20 Minutes avec agences

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L'actrice Thandie Newton
L'actrice Thandie Newton — AdMedia/Starface

En 1995, Thandie Newton incarnait Sally Hemings, l’esclave et « maîtresse » de Thomas Jefferson – ambassadeur en France avant de devenir président des Etats-Unis – dans Jefferson à Paris de James Ivory. Et si la star de Westworld ne renie pas ce qui a été son premier grand rôle, elle ne pourrait plus approcher son personnage de la même manière aujourd’hui. « J’aurais tout fait pour que le film se concentre plus sur la relation entre Sally Hemings et Thomas Jefferson », a-t-elle expliqué à Vulture.

Le destin de Sally Hemings jette une ombre dérangeante sur la personnalité de Thomas Jefferson. Co-rédacteur de la Déclaration d’indépendance américaine et 3e président des Etats-Unis, celui qui fut envoyé à Versailles en tant qu’ambassadeur en 1784 était également à la tête d’une plantation qui prospérait grâce au travail des esclaves. Fervent adversaire du métissage des races, Thomas Jefferson a pourtant eu sept enfants avec Sally Hemings après le décès de son épouse Martha. S’il a affranchi les enfants qu’ils ont eus, Sally Hemings est quant à elle restée son esclave. Elle n’a été affranchie qu’après le décès du président américain, par la fille aînée de ce dernier.

« C’était du viol »

« Vous saviez que Sally Hemings était la demi-sœur de la femme de Jefferson ? Son père était le beau-père de Jefferson. Elle devait ressembler un peu à son épouse disparue. Ses enfants étaient donc les petits-enfants de son beau-père, n’est-ce pas ? Ou alors ses nièces et neveux ? Ils sont tous reliés. Ce que je veux dire, c’est qu’elle était son esclave. C’était du viol », a précisé Thandie Newton.

Il faut savoir que l’attestation de cette relation a fait l’objet d’une longue controverse aux Etats-Unis. Un film comme Jefferson à Paris, où la relation était présentée comme amoureuse, avait participé à relancer le débat à la fin des années 1990. Et la conclusion a pu être apportée en 1998 lorsque des recherches ADN ont confirmé la filiation entre Thomas Jefferson et les descendants de Sally Hemings.