Coronavirus à Arras : Le festival du film victime collatérale du zèle municipal ?

EPIDEMIE Privé de deux lieux indispensables à son organisation, l’Arras film festival a été annulé

Mikaël Libert

— 

L'acteur Vincent Cassel était venu à l'Arras film festival en 2018.
L'acteur Vincent Cassel était venu à l'Arras film festival en 2018. — G. Durand / 20 Minutes
  • L’Arras film festival, qui devait se tenir du 6 au 15 novembre, a été annulé.
  • A cause du coronavirus, le marie d’Arras a décidé de fermer deux lieux indispensables à l’organisation du festival.
  • Au lieu d’un festival sédentaire, c’est un événement itinérant dans toute la région qui est en préparation.

S’adapter ou mourir. Ce mardi, l’association Plan-Séquence, organisatrice de l’Arras film festival, a annoncé l’annulation de l’événement qui devait se dérouler du 6 au 15 novembre. Une décision prise à contrecœur et à la dernière minute, le maire de la commune ayant pris un arrêté, samedi, contraignant à la fermeture deux lieux indispensables à l’organisation du festival. Pour autant, Plan-Séquence n’a pas dit son dernier mot.

Samedi dernier, la préfecture du Pas-de-Calais a pris de nouvelles mesures pour lutter contre l’épidémie de coronavirus. Si aucune ville du département n’est concernée par la mise en œuvre du couvre-feu​, le Pas-de-Calais se doit toutefois d’appliquer certaines règles communes à l’ensemble du territoire comme l’interdiction des fêtes de mariage ou des soirées étudiantes dans des établissements recevant du public. Dans la foulée, le maire UDI d’Arras, Frédéric Leturque, a pris un arrêté municipal plus restrictif encore. Il a notamment décidé de fermer le casino et l’hôtel de Guînes, le coup de grâce pour l’Arras film festival.

Un événement itinérant au travers de toute la région

« Le casino nous servait de grande salle de cinéma et nous avions prévu d’y appliquer le protocole très strict déjà en vigueur dans les salles classiques qui, elles, ne ferment pas. L’hôtel devait abriter nos équipes, les invités et la presse », explique à 20 Minutes une source au sein de l’organisation. Tous les événements annexes, sous chapiteau par exemple, avaient déjà été annulés par les organisateurs. Résultat des courses, le festival n’existera pas en 2020, même dans une version dégradée.

Néanmoins, « au regard du combat mené par les acteurs culturels pour leur survie, de la gravité de la crise économique qui secoue l’industrie du cinéma », Plan-Séquence a concocté un plan d’urgence. « L’idée est de créer un événement itinérant au travers de toute la région des Hauts-de-France », nous explique-t-on. Les films devant être diffusés au cours du festival le seront finalement dans des cinémas traditionnels situés dans des villes dont la liste doit encore être confirmée. Il y en aura aussi d’ailleurs au Mégarama, à Arras. L’organisation n’exclut pas forcément les territoires soumis à un couvre-feu, comme la métropole lilloise, « il faudra simplement adapter les horaires comme l’ont fait des lieux comme l’opéra de Lille ».