Cinémathèque : Après plusieurs mois de report, l’expo consacrée à Louis de Funès ouvre ses portes mercredi

CULTURE La première exposition consacrée à un acteur par la Cinémathèque devait ouvrir le 1er avril, mais la crise sanitaire a tout bousculé

20 Minutes avec AFP

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Louis de Funès dans le film
Louis de Funès dans le film — RONALDGRANT/MARY EVANS/SIPA

Star du petit écran pendant le confinement, Louis de Funès débarque à la Cinémathèque française. Après des mois de report, le temple du 7e art lui consacre à partir de mercredi une exposition sans précédent.

L’expo, la première consacrée à un acteur par la Cinémathèque, devait ouvrir le 1er avril, mais la crise sanitaire a tout bousculé. Entre-temps, les téléspectateurs confinés ont été abreuvés de rediffusions euphorisantes du maître du comique, inoubliable dans La Grande Vadrouille, Les Aventures de Rabbi Jacob ou La Soupe aux choux

Au moins 100.000 visiteurs espérés

Espérant que cette « De Funès mania » n’est pas retombée, les organisateurs tablent, malgré les contraintes sanitaires, la panne du tourisme et la réservation obligatoire en ligne, sur au moins 100.000 visiteurs.

On retrouvera les images déjà vues mille fois : la scène de la cave où il joue l’épicier face aux plus grands de l’époque, Gabin et Bourvil, dans La Traversée de Paris, la plongée dans le bain verdâtre de La Soupe aux choux… Mais cette expo, couplée à une rétrospective en salles, permet d’aller plus loin sur le plus petit (1,63 m sous la toise, on peut s’y mesurer à l’entrée de l’expo) des grands acteurs.

D’une jeunesse nourrie aux classiques de l’humour, avec Charlie Chaplin et le duo Laurel et Hardy comme modèles, à l’accélération de sa carrière au début des Trente Glorieuses puis la consécration sous Pompidou et Giscard, les visiteurs découvrent un acteur qui ne laissait rien au hasard, jusqu’à devenir « l’auteur » ou le coauteur des films dans lesquels il tournait, explique le commissaire d’exposition Alain Kruger.

Une exposition « familiale et plaisante »

Parmi les pièces présentées par la Cinémathèque, les mille morceaux de la 2 CV bleue qu’emboutit un De Funès, en PDG odieux à souhait, au début du Corniaud, ou la statue de cire du Gendarme, prêtée par le musée Grévin. L’exposition dévoile un échange de lettres administratives collector, exhumé des archives de la gendarmerie, où des gradés s’interrogent sur l’opportunité d’aider au tournage d’un film (Le Gendarme à Saint-Tropez) « susceptible de ridiculiser » l’uniforme et « produire un effet psychologique déplorable sur le public » !

L’idée d’inviter De Funès à la Cinémathèque, temple cinéphile, ne doit pas sembler « iconoclaste ou provocatrice », et il ne faut pas y voir « une audace », 37 ans après sa mort, assure à l’AFP son directeur Frédéric Bonnaud : « L’exposition est là pour faire plaisir, elle est familiale et plaisante, tout en tenant un discours » pédagogique.

« Je trouvais que c’était normal de faire venir le plus grand comique français, qui reste le héros de cinq générations, et n’avait pas été beaucoup reconnu (au début de sa carrière) dans la maison du cinéma », abonde Alain Kruger, fan absolu. « Tous les grands comiques des années 1960 ont disparu… Mais De Funès on ne l’oublie pas ! Il fonctionne de l’âge de 5 ans à 555 ans ! ».