Le magazine de TF1 « Sept à huit » accusé d’avoir eu recours au « blackface », Harry Roselmack répond à la polémique

POLEMIQUE L'animateur Harry Roselmack a répondu à la polémique sur l'utilisation d'une perruque afro et de fond de teint noir pour rendre un témoin anonyme

V. J.

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Pour assurer l'anonymat d'un témoin, «Sept à huit» sur TF1 a eu recours à ce qui ressemble à un «blackface», à la surprise et colère des internautes
Pour assurer l'anonymat d'un témoin, «Sept à huit» sur TF1 a eu recours à ce qui ressemble à un «blackface», à la surprise et colère des internautes — Capture écran TF1

Dans son émission de dimanche, le magazine Sept à huit diffusait le témoignage de Nina, 17 ans, victime de viol et ancienne prostituée, qui parle de son parcours dans un livre coécrit avec son père, Papa, viens me chercher (Editions de L’Observatoire). Un témoignage « anonymisé » et pour ne pas que l’on reconnaisse ce témoin, la jeune fille était affublée d’une perruque et de maquillage. Mais il semble que la chaîne ait choisi, en l’occurrence, un postiche afro et du fond de teint pour noircir la peau…

Un « blackface » ? Les téléspectateurs n’ont pas manqué de fustiger ce choix. « Je peux comprendre qu’il faille la cacher, mais de là à la faire passer pour une renoi… ? Vous ne pouvez pas juste la flouter ? », a réagi ainsi une internaute sur Twitter, au milieu de nombreux tweets. « Donc les noirs, on est des déguisements ? »

Tandis que la polémique battait son plein, l’animateur Harry Roselmack s’est fendu d’une longue tribune pour s’expliquer. « Nous ne sommes pas dans une démarche d’agrément, de divertissement, de moquerie, de stigmatisation. C’est un maquillage destiné à préserver au mieux l’anonymat d’une personne mineure qui témoigne d’un vécu qui pourrait lui porter préjudice (…). Nous ne sommes donc pas dans une démarche constitutive d’un blackface », écrit le journaliste dans un texte transmis aux médias.

« Sachons faire les bons choix pour mener les bons combats »

Il souligne qu’il est arrivé à la production de « valider le maquillage inverse : éclaircir une femme noire pour lui permettre de témoigner » et regrette que « le vrai débat de fond, le débat de société porté par le témoignage courageux de cette adolescente et de son père, passe au second plan ». « Le fait que la communauté noire puisse relever et répondre publiquement à ce qu’elle considère comme un manque de considération public est une bonne chose. Mais sachons faire les bons choix pour mener les bons combats », poursuit-il, rappelant son appartenance à ladite communauté.

« La priorité de la production a été de préserver et protéger l’anonymat du témoin. 7 à 8 ne floute jamais la partie portrait de l’émission. Personne ne peut dire aujourd’hui quelle est l’origine de cette personne et c’est ce qui importait à la production », explique de son côté le producteur Elephant & Cie dans une déclaration, se défendant d’une « quelconque forme de dénigrement ».

Du côté de TF1, contactée par le Huffington Post, on reconnaissait un peu plus tôt le grimage, mais pas le dénigrement. « Le grimage a bien eu lieu, les portraits de Sept à huit étant toujours filmés à visage découvert, explique un responsable de la communication. La priorité était de préserver l’anonymat du témoin. Ce grimage ne débouche en aucun cas sur un dénigrement. Tout ça a été fait dans l’intérêt de la personne. »