TikTok: Lizzie Velasquez exhorte les utilisateurs à «arrêter» les canulars déshumanisants

RESEAUX SOCIAUX L’une des dernières tendances sur TikTok consiste à piéger des enfants en leur montrant un visage grimaçant ou défiguré et à leur faire croire qu’il s’agit de leur futur enseignant

Fabien Randanne

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Lizzie Velasquez, lors d'une conférence à Los Angeles, en avril 2018.
Lizzie Velasquez, lors d'une conférence à Los Angeles, en avril 2018. — Rich Fury / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / Getty Images via AFP

Le scénario de ces vidéos ne varie guère d’une vidéo à l’autre : un enfant est invité par un adulte de son entourage à venir faire coucou à son nouvel instituteur qui appelle via FaceTime. Le gamin arrive, généralement enjoué et la curiosité piquée à vif. Il découvre l’écran et affiche, selon les réactions, une mine déconcertée, effrayée ou paniquée. L’image n’était pas celle de son futur prof, mais celle d’une personne défigurée, d’un visage grimaçant ou d’un mugshot (les portraits pris par la police américaine de chaque individu interpellé).

Voici résumée l’une des tendances les plus populaires ces derniers jours sur TikTok. Ces courtes vidéos, rassemblées sous les hastag #facetimeprank #teacherprank, #meetyourteacher ou #meetyourteacherchallenge (respectivement « le canular FaceTime », « le canular du prof », « viens voir ton prof » et « le défi viens voir ton prof »), cumulent des millions de vues et sont ensuite relayées sur d’autres réseaux sociaux, dont Twitter.

« Nous sommes des êtres humains et nous avons des sentiments »

« Ce n’est pas acceptable, il faut arrêter », s’est indignée Lizzie Velasquez, dans une vidéo postée sur TikTok dimanche. Cette Américaine de 31 ans, atteinte d’une maladie rare qui l’empêche de stocker des graisses – son poids ne dépasse pas les 30 kg – et donne à sa peau un aspect ridé. Elle a vu un de ses portraits utilisés dans un de ces canulars et a donc réagi.

« Si vous êtes un adulte et avez un enfant autour de vous, s’il vous plaît, ne lui apprenez pas qu’il n’y a pas de problème à avoir peur d’une personne qui ne lui ressemble pas, plaide-t-elle. Tout ce que les enfants ont besoin de savoir sur l’empathie et la bienveillance envers autrui, ils doivent commencer à l’apprendre à la maison. » « Nous sommes des êtres humains et nous avons des sentiments », conclut Lizzie Velasquez qui a fait de la lutte contre le harcèlement en ligne l’un de ses chevaux de bataille.

Victime de moqueries, de brimades et de cyberharcèlement en raison de son physique, notamment à l’adolescence, la trentenaire s’engage depuis plusieurs années pour sensibiliser le public à ces questions et fait œuvre de pédagogie. Elle a publié plusieurs livres. Le seul traduit en français, s’intitule J’ai choisi la bienveillance et est paru chez Denoël il y a deux ans.