Lagardère: Le fonds Amber dévoile son plan pour écarter Arnaud Lagardère

REPRISE EN MAIN En 2018, le Qatar avait empêché un putsch contre le fils du fondateur du groupe. Le fonds compte cette fois convaincre les détenteurs du capital flottant

20 Minutes avec AFP

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Arnaud Lagardere à Paris le 13 mars 2019
Arnaud Lagardere à Paris le 13 mars 2019 — ROMUALD MEIGNEUX/SIPA

Lagardère sans Arnaud ? Le fonds Amber Capital, devenu premier actionnaire du groupe français, a dévoilé jeudi son plan pour évincer le dirigeant, à qui il reproche une mauvaise gestion, à l’approche d’une assemblée générale décisive. « Dans une société cotée normale, il y aurait eu depuis longtemps des changements majeurs au niveau du management », a déclaré le fondateur d’Amber Capital, Joseph Oughourlian.

Nicolas Sarkozy au conseil de surveillance

Dans son plan, le fonds britannique prévoit une révision complète de la gouvernance du groupe aujourd’hui recentré sur l’édition (Hachette) et la distribution (Relay), et qui est la maison mère d’Europe 1, du JDD et de Paris Match. Il souhaite notamment « renouveler intégralement le conseil de surveillance » mais appuie les cooptations récentes de l’ancien chef d’Etat Nicolas Sarkozy et l’ex-patron de la SNCF Guillaume Pepy. Dans une société en commandite par actions, le conseil de surveillance peut notamment s’opposer au renouvellement pour six ans du mandat du gérant – en l’occurrence Arnaud Lagardère, qui arrive à échéance en mars 2021.

Lagardère « est géré pour l’intérêt d’un actionnaire qui a un problème énorme d’endettement et cela l’a amené à liquider petit à petit le groupe qui avait été construit par son père » Jean-Luc Lagardère, décédé en 2003, attaque Joseph Oughourlian, également président du RC Lens et vice-président du conseil d’administration du groupe de presse espagnol Prisa. Le fondateur d’Amber pointe « des performances économiques très en dessous de la moyenne » des indices comparables et une série de fusions-acquisitions « désastreuses ». Il fait également référence à la dette de la holding personnelle d’Arnaud Lagardère, évoquée par ce dernier à quelque 164 millions d’euros, alors qu’un associé commandité est responsable indéfiniment des dettes de l’entreprise sur ses biens propres.

Le Qatar faiseur de roi

La question est donc maintenant de savoir si Amber réussira cette fois à évincer Arnaud Lagardère. Car ce désir n’est pas nouveau. En 2018, le fonds n’avait pas réussi à faire élire des membres au conseil de surveillance, empêché à l’époque par le ralliement à la dernière minute du Qatar à Arnaud Lagardère. Mais cette fois Joseph Oughourlian se montre confiant. « Si on suppose que le Qatar voterait contre nos résolutions, on aurait 20 % des droits de vote contre nous. (…) Avec un peu plus de 12 %, on n’est pas très loin mais il nous faut convaincre les autres actionnaires », a-t-il expliqué alors que près de la moitié des droits de vote sont contrôlés par des détenteurs du capital flottant.

Le fonds veut aussi convaincre les autres actionnaires d’exiger l’abandon de la commandite au profit d’une société anonyme plus classique. Arnaud Lagardère s’est toujours fermement opposé à cette éventualité. Enfin, Amber souhaite supprimer le paiement du dividende en 2020. Reste donc à savoir comment réagiront les actionnaires individuels.