Coronavirus : Après la crise, les Etats ne devront pas oublier la transition énergétique, plaide le président d’Engie

CLIMAT Pour le président d'Engie, la crise climatique est la prochaine crise à laquelle il faut se préparer

20 Minutes avec AFP

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Jean-Pierre Clamadieu, le 27 février 2020.
Jean-Pierre Clamadieu, le 27 février 2020. — ERIC PIERMONT / AFP

Les gouvernements ne devront pas oublier la transition énergétique dans leurs plans de relance post-Covid-19, a appelé ce vendredi le président d’Engie, Jean-Pierre Clamadieu.

« La transition énergétique et climatique, on en parle un petit peu moins aujourd’hui pour des raisons bien compréhensibles, mais ça reste un défi majeur », a-t-il dit sur BFM Business. « L’après-crise sera constituée de plans de relance majeurs. (…) Dans ce plan de relance, la transition énergétique et climatique devra avoir un rôle important à jouer, et Engie sera prêt pour apporter des réponses et des solutions », a-t-il ajouté.

Des énergies renouvelables « compétitives »

Interrogé sur le risque que la chute des prix du pétrole et du gaz freine cette conversion, il a répondu : « il ne le faut pas ». « Les énergies renouvelables ont atteint des niveaux de compétitivité économique réelle. Il faut que les gouvernements soient très sensibles dans la manière dont ils mobiliseront les fonds qui seront déversés sur l’économie après cette crise, il faut qu’ils soient très attentifs à ce qu’on n’oublie pas cette urgence climatique. C’est la prochaine crise, elle est de plus long terme mais nous avons l’occasion de nous y préparer », a-t-il développé.

Concernant Engie, il s’est dit « très confiant dans la solidité du modèle du groupe. Le portefeuille d’activités, avec des métiers de gestion d’infrastructures gazières, de production d’électricité et de services nous permet de traverser la crise dans de bonnes conditions ».

Pas de prise de position sur les dividendes

Il n’a en revanche pas répondu quand le journaliste lui a demandé si Engie, dans le contexte de l’épidémie, allait verser une prime exceptionnelle à ses agents ou renoncer à ses dividendes, renvoyant ces questions à d’éventuelles décisions ultérieures.

Selon lui, environ la moitié de l’effectif du groupe aujourd’hui travaille, 25.000 en télétravail, 15.000 sur le terrain, gérant interventions d’urgence chez les particuliers et soutien aux installations critiques. Quant à la crise de gouvernance qui a récemment frappé le groupe, et le départ de sa directrice Isabelle Kocher, Jean-Pierre Clamadieu s’est dit « impressionné par le travail que fait l’équipe de direction » actuelle, « une équipe capable d’amener le groupe de l’autre côté de la rivière » selon lui.