Les écolos se la jouent «happy foot» en banlieue

Carole Bianchi

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Pas de maillot, ni de short, mais du bagout. Daniel Cohn-Bendit, qui se revendique «conseiller politique de la campagne» d’Europe Ecologie (EE) pour les élections régionales, était à Vaulx-en-Velin (Rhône) ce mardi pour donner le coup d’envoi d’un match de foot entre gosses du quartier et quelques candidats locaux. Un «Happy foot», plus exactement, car chez les écolos, on veut de «la joie et de la tolérance», résume très sérieusement Daniel Cohn-Bendit.
 
«Et monsieur vous allez jouer avec nous ?», lui lance un petit. « J’ai été opéré de la hanche. Ca fait trois ans que je ne joue plus. Mais promis je reviendrai cet été», rétorque Daniel Cohn-Bendit venu pour «parler aux jeunes». Il les amadoue avec des pronostics sur le match de la soirée OL-Real Madrid, puis reprend son discours politique.
 
74% des jeunes envisagent de s’abstenir aux régionales
 
«C’est quoi le lien entre le foot et la politique ?» se hasarde Choukri, 16 ans, en première année de Bac pro. «On vient pour dire que dans les banlieues, il n’y a pas que les voitures qui brûlent. On est là pour parler de votre quotidien et expliquer pourquoi il faut voter aux régionales.» Le chef de liste EE de Rhône-Alpes, Philippe Meirieu, rappelle que 74% des jeunes disent vouloir s’abstenir pour les élections régionales. Le pédagogue a préféré rester sur le banc de touche pour répondre aux questions de chacun. Le foot, ce n’est pas trop sa tasse de thé. Mais après quelques conseils de Dany, il avoue vouloir se «mettre à marquer des buts en politique et dans le foot en même temps.»
 
Après un quart d’heure de match, le résultat est sans appel: Vaulx-en-Velin: 2, Europe Ecologie: 0. Les candidats sont fairplay et donnent volontiers leurs maillots verts. «Ils sont vieux mais ils jouent bien», analyse Serkan, 11 ans, les joues encore rouges. Sur le bord du terrain, Cohn-Bendit ne parle déjà plus que de politique. Et se met à tacler le MoDem (ici). «Nous voulons nous établir comme la troisième force politique du pays. Une force incontournable du pays avec des nouvelles idées de partenariats. Mais pour certains barons du PS, c’est encore dur à admettre», relève-t-il.