Retrait de Benjamin Griveaux : Le site Internet qui a publié les vidéos à caractère sexuel mis hors ligne

POLITIQUE Encore inconnu il y a deux jours, ce site créé le 11 novembre 2019, avait pour but d’exposer « des images à caractère sexuel ou pornographique » impliquant des représentants politiques qui « mentent à leurs électeurs »

Hakima Bounemoura

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Benjamin Griveaux au Théâtre du Gymnase à Paris, le 26 novembre 2019.
Benjamin Griveaux au Théâtre du Gymnase à Paris, le 26 novembre 2019. — ISA HARSIN/SIPA

C’est un scandale qui a ébranlé toute la classe politique. L’annonce du retrait de Benjamin Griveaux a marqué un tournant spectaculaire dans l’âpre campagne des municipales à Paris. Le candidat macroniste a jeté l’éponge vendredi après la diffusion de vidéos intimes sur les réseaux sociaux.

Tout est parti d’un site qui a diffusé mercredi soir deux sextapes et des messages connotés sexuellement adressés à une femme, affirmant qu’ils émanaient de l’ancien porte-parole du gouvernement. Cette plateforme sur laquelle ont été publiées les vidéos intimes attribuées à Benjamin Griveaux, a été désactivée vendredi aux alentours de 18 heures.

« Les Français avaient vraiment besoin de ce nouveau média »

Piotr Pavlenski, un artiste russe qui revendique être à l’origine de la diffusion de ces vidéos, a publié ce samedi un message sur son compte Facebook pour annoncer le retrait du site. « La ressource porno (le site) a duré moins de trois jours et a été bloquée par les autorités françaises », explique-t-il. « Mais les Français avaient vraiment besoin de ce nouveau média », ajoute l’homme, réfugié politique en France.

À son message, Piotr Pavlenski joint une vidéo du site avant la fermeture sur laquelle on voit le compteur de vues de l’article sur Benjamin Griveaux qui défile. « Je ne laisserai aucun pouvoir détruire ce en quoi j’ai mis tant d’efforts et de temps (…) Et je promets à tous les spectateurs et lecteurs de porno-politique que la ressource porno sera restaurée », ajoute l’artiste russe.

« La première plateforme porno-politique »

Encore inconnu il y a deux jours, le site a été créé le 11 novembre 2019, selon des plateformes spécialisées. Il avait pour but d’être « la première plateforme porno-politique » en exposant « des images à caractère sexuel ou pornographique » impliquant des représentants politiques qui « mentent à leurs électeurs en imposant le puritanisme à la société alors qu’ils le méprisent eux-mêmes. »

Dans la rubrique « À propos », l’administrateur du site invitait d’ailleurs « tous ceux qui avaient une histoire, une correspondance, des photographies ou vidéos dans lesquelles des fonctionnaires et représentants politiques interviennent en tant qu’acteurs et créateurs de contenu à caractère sexuel ou pornographique à (la) contacter pour publication sur du porno-politique ».

Pour l’instant, seul Benjamin Griveaux a été visé mais Piotr Pavlenski, l’homme qui s’est dit à l’origine de la publication des vidéos, a assuré avoir en sa possession des images impliquant d’autres hommes politiques.

Un site hébergé aux Etats-Unis

L’article attaquant Benjamin Griveaux est signé Piotr Pavlenski, mais rien n’indique que ce dernier soit également le créateur du site Internet. « Le site sur lequel la vidéo a été publiée ne porte aucune mention légale. Selon nos informations, il est hébergé aux Etats-Unis », a déclaré vendredi à 20 Minutes Me Malka, l’avocat de Benjamin Griveaux.

L’adresse d’origine du site est géolocalisée aux Etats-Unis, mais cela ne veut pas forcément dire que la personne qui a créé la plateforme y réside. A l’heure actuelle, le créateur de ce site reste donc inconnu, aucune identité n’étant attachée au nom de domaine, qui est par ailleurs enregistré chez Google.

Le site déjà dédoublé sur Internet Archive

Dans son message Facebook, Piotr Pavlenski indique que le site a été bloqué par les autorités françaises. Mais la page a également pu être désactivée par la plateforme Wix, utilisée pour la création du site. Dans ses conditions d’utilisation, cette plateforme dont le siège est en Israël précise notamment « décliner toute responsabilité en cas de contenu pornographique et/ou pour tout autre contenu d’utilisateur illicite et/ou violant des droits ».

Le site est donc actuellement inaccessible, mais selon le site Nextinpact.com, il aurait déjà été dédoublé et archivé sur la Wayback Machine d’Archive.org. Ce service en ligne américain conserve, sur demande, la copie de n’importe quelles pages Web, en capturant également leurs évolutions dans le temps. Les premiers enregistrements datent du jeudi 13 février à 18h55, précise le site spécialisé dans les nouvelles technologies.