César 2020 : #JeSuisVictime… La parole se libère sur les réseaux sociaux après la récompense de Roman Polanski

AGRESSIONS SEXUELLES Scandalisées par la récompense accordée au réalisateur Roman Polanski lors des César 2020, des milliers de femmes ont témoigné sur Twitter des abus sexuels dont elles ont été victimes

H. B.

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Des manifestantes dénoncent l'attribution du César à Roman Polanski, à Paris le 28 février 2020.
Des manifestantes dénoncent l'attribution du César à Roman Polanski, à Paris le 28 février 2020. — CELINE BREGAND/SIPA

Les témoignages sont poignants, bouleversants… Scandalisées par le sacre de Roman Polanski aux César 2020, des milliers femmes ont raconté ces dernières heures sur les réseaux sociaux les abus sexuels dont elles ont été victimes par le passé. « On ne se taira plus. Ni vos insultes, ni vos accusations, ni votre mépris ne nous ferons taire. La honte doit changer de camp », a tweeté samedi soir une internaute, en réponse aux commentaires de soutien à Roman Polanski, qui a reçu vendredi le César 2020 du meilleur réalisateur.

Son message, accompagné du hashtag #JeSuisVictime, est rapidement devenu viral. Utilisé plus de 10.000 fois, le mot-clé s’est même classé samedi soir en tête des trending topics, c’est-à-dire des sujets les plus commentés sur le réseau social. Il a été repris par de nombreuses internautes qui ont décidé de briser le silence, et raconter les violences sexuelles qu’elles ont subies par le passé.

« J’étais une enfant. Il m’a brisée »

« C’était un ami, c’était un mec en qui j’avais confiance, il m’a violée à deux reprises puis m’a harcelée parce que je le dénonçais. Aujourd’hui et plus que jamais je vais me battre », a témoigné une internaute. « J’ai été violée trois fois par mon 1er petit ami lorsque j’étais encore mineure. Lorsque j’ai voulu en parler, personne ne m’a cru et j’ai été blâmée. Actuellement, il est en école d’ingénieur à Paris tandis que moi je n’arrive pas à avancer à cause de lui », a raconté une autre. « Je suis rentrée dans l’ascenseur, il est entré avec moi. Je ne me souviens de rien d’autre. Je me suis retrouvée sur le parking sans ma culotte. J’étais une enfant. Il m’a brisée », a également témoigné une jeune femme sur Twitter.

Des milliers de témoignages, tous aussi bouleversants les uns que les autres, ont ainsi été publiés sur Twitter, mais aussi sur Instagram et Facebook. Face à l’ampleur du phénomène, le collectif féministe #NousToutes a réaffirmé son soutien à toutes les victimes d’agressions sexuelles. « Nous vous croyons. Vous êtes fortes et courageuses. Vous n’y êtes pour rien. Les violences sont graves et interdites par la loi. Nous sommes à vos côtés », a tweeté le collectif. Une libération de la parole qui ne fait que commencer…