« Haine » en ligne : Reddit et Twitch s’attaquent à Trump et à ses supporteurs

WEB Les deux sites ont rejoint les plateformes ayant décidé de sévir contre le président américain, au milieu d'une fronde des annonceurs

20 Minutes avec AFP

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Un mème de Donald Trump sous les traits de Pepe la grenouille, emblème du mouvement alt-right.
Un mème de Donald Trump sous les traits de Pepe la grenouille, emblème du mouvement alt-right. — DR

La bataille entre les géants du Web et Donald Trump s’intensifie. Twitch a temporairement suspendu le compte du président américain, pour comportement haineux, tandis que la plateforme de discussion Reddit, d’ordinaire très permissive, a banni un forum de fans du président américain pour avoir enfreint son règlement sur l’incitation à la haine.

« Les comportements haineux ne sont pas permis sur Twitch. En accord avec nos règles, la chaîne du président Trump a été temporairement suspendue (…) et les contenus incriminés ont été retirés », a fait savoir un porte-parole de la plateforme de streaming – principalement des parties de jeux vidéo, mais qui se diversifie ces derniers temps). « Nous avons banni (la section) r/The_Donald, parce que cette communauté a hébergé et soutenu, de façon répété, des contenus qui enfreignent notre première règle », sur la promotion de la haine, a de son côté expliqué Reddit dans un communiqué. Ce « subreddit » controversé était particulièrement populaire chez les supporteurs les plus fervents de Donald Trump. C’est là que sont nés de nombreux mèmes controversés de l’alt-right mettant en scène Pepe the frog, notamment, qui ont parfois été retweetés par le community manager de Donald Trump, Dan Scavino.

Pression des annonceurs

Dans la vague du mouvement de grande ampleur contre le racisme systémique aux Etats-Unis, les réseaux sociaux font face à un regain de pression des annonceurs pour mieux policer les échanges entre utilisateurs et empêcher le harcèlement, les discriminations et autres comportements insultants. Ils sont particulièrement dans le collimateur de la société civile pour leur laxisme perçu à l’égard du locataire républicain de la Maison Blanche.

Fin mai, Donald Trump a tenu des propos considérés comme de l’incitation à la violence contre les manifestations de soutien à George Floyd, un Afro-Américain, asphyxié par un policier blanc.

Twitter a masqué ce message. Mais le refus d’intervenir de Facebook a suscité une levée de boucliers contre le réseau dominant, et une indignation renouvelée contre les plateformes perçues comme complices des propos souvent inflammatoires du volubile président.

Twitch (filiale d’Amazon) a supprimé deux commentaires spécifiques de Donald Trump qui enfreignaient son règlement. Le premier date de son rallye de campagne inaugural, en 2015, quand il avait assuré que les immigrants mexicains apportaient des drogues et étaient des « violeurs ». Le deuxième est du même ordre et a été prononcé lors du récent meeting de Tulsa, pour sa campagne de réélection.

Trump, un utilisateur comme « un autre »

La plateforme d’abord conçue pour la diffusion de parties de jeux vidéo en direct, s’est progressivement ouverte à d’autres « diffuseurs » qui peuvent créer leur chaîne, des personnalités politiques aux artistes. Quand le président a créé sa chaîne l’année dernière, Twitch a fait savoir à son équipe que « comme n’importe qui d’autre, les politiques doivent accepter nos conditions d’utilisation et nos règles pour la communauté. Nous ne faisons pas d’exception pour les contenus politiques ou au nom de l’intérêt du public », a précisé l’entreprise.

L’intérêt du public à connaître les propos des candidats et des élus, afin de se faire sa propre opinion, est l’argument préféré de Mark Zuckerberg, le patron de Facebook, pour défendre son approche plus permissive. Mais vendredi, le géant des réseaux a fini par céder du terrain, en promettant de mieux réguler les publicités incitant à la haine et de masquer les contenus problématiques, même des personnalités politiques.