Affaire Thierry Solère : Le parquet général de Versailles dénonce les accusations du député

FRAUDE FISCALE Thierry Solère est accusé de fraude fiscale, et avait remis en cause la partialité du parquet de Nanterre

20 Minutes avec AFP

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Thierry Solère à l'Assemblée nationale
Thierry Solère à l'Assemblée nationale — Jacques Witt/SIPA

Le parquet général de Versailles a dénoncé ce lundi les accusations « dépourvues de fondement » portées contre le parquet de Nanterre par le député LREM des Hauts-de-Seine  Thierry Solère, mis en examen dans le cadre d’une enquête pour fraude fiscale. Cette rare mise au point intervient en pleine controverse sur l’indépendance du parquet dans la conduite des enquêtes politico-financières.

Mis en examen depuis octobre 2019 pour fraude fiscale, détournement de fonds publics et trafic d’influence passif, Thierry Solère s’en est récemment pris au  parquet de Nanterre qui avait demandé – et obtenu en juillet 2018 – la levée de son immunité parlementaire dans le cadre de l’enquête.

Le rappel de l’impartialité

Début avril, le député a envoyé au président de l’Assemblée nationale Richard Ferrand un courrier demandant le rétablissement de son immunité et accusant le parquet de Nanterre d’une « succession de mensonges ». Selon lui, la demande de levée d’immunité « n’était ni loyale, ni sincère, ni sérieuse ». Des accusations balayées lundi par le procureur général de Versailles Marc Cimamonti pour qui « les mises en cause médiatiques (…) ayant récemment visé le parquet de Nanterre sont dépourvues de fondement ».

« Le parquet général de Versailles s’attache, depuis le début de la procédure, à ce que le ministère public y concoure dans le respect de l’obligation d’impartialité qui est au cœur de sa mission en application des dispositions de l’article 31 du code de procédure pénale », poursuit-il dans son communiqué.

Favoritisme de position

Une audience est d’ailleurs prévue le 25 septembre à la chambre de l’instruction de la cour d’appel de Versailles. Elle devra se prononcer sur la demande d’annulation de la garde à vue de Thierry Solère. Ce proche d’Édouard Philippe, ex-membre des Républicains, est notamment soupçonné d’avoir usé de sa position d’élu pour favoriser certaines sociétés pour lesquelles il travaillait, afin qu’elles obtiennent des contrats publics.

En février 2019, il avait déposé plainte pour « faux » contre deux magistrates, accusant indirectement la procureur de Nanterre d’avoir basé sa demande de levée d’immunité parlementaire sur des informations qu’elle savait erronées. La plainte a été classée sans suite deux mois plus tard.