Narbonne : Un homme accusé d'avoir jeté dans les égouts le corps d'un ami, disparu depuis six ans

ENQUETE L'homme a été mis en examen et placé en détention provisoire

N.B.

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Un policier de la police judiciaire (illustration)
Un policier de la police judiciaire (illustration) — PASTORNICOLAS/SIPA

Le corps d’un homme de 23 ans, porté disparu, jeté dans les égouts : après six ans de minutieuses investigations et de rebondissements, la Brigade criminelle de la police judiciaire de Perpignan (Pyrénées-Orientales) a interpellé un homme, soupçonné d’être impliqué dans une affaire des plus macabres, a appris 20 Minutes.

En octobre 2014, un jeune homme de 23 ans, originaire d’Antibes (Alpes-Maritimes) avait disparu, après avoir participé à une rave party, dans un village de l'Aude. Ce sont ses parents qui avaient prévenu les forces de l’ordre, inquiets de n’avoir aucune nouvelle de leur fils. Pendant des mois, aucune trace du jeune homme n’avait pas été retrouvée.

Des ossements retrouvés dans des canalisations

Près de trois ans plus tard, en juin 2017, l’énigme prenait une tout autre tournure, tandis que des employés de nettoiement découvraient par hasard un crâne humain, alors qu’ils effectuaient des travaux dans une canalisation d’eaux pluviales à Narbonne (Aude).

Des fouilles approfondies avaient alors plongé les policiers chargés de l’enquête un peu plus encore dans l’horreur : d’autres ossements, dont une omoplate ou une côte, avaient été retrouvés. Ainsi qu’une chaîne de cou. C’est ce bijou, qui apparaissait sur la photographie qui accompagnait sa fiche de recherches, ainsi que des analyses des empreintes dentaires sur la mâchoire retrouvée dans les égouts, qui vont permettre aux enquêteurs d’identifier formellement le jeune homme, disparu trois ans plus tôt.

Un homme de 30 ans finit par se livrer aux enquêteurs

Dès lors, les enquêteurs s’étaient intéressés de près au milieu des rave partys, dont la victime était un habitué, et avaient multiplié les auditions, et épluché minutieusement les réseaux sociaux à la recherche d’indices permettant de retracer ses dernières heures.

Ce n’est que le 23 juin dernier, trois ans après la découverte des ossements de la victime, que les policiers vont parvenir à préciser ce qu’aurait fait le jeune homme avant de disparaître : trois personnes ont été interpellées. Deux d’entre elles seront mises hors de cause, mais une autre, un homme de 30 ans, l’un de ses amis de l’époque, a fini par se livrer aux enquêteurs. En garde à vue, il aurait expliqué qu’ils s’étaient rendus ensemble à Narbonne, après la rave party. Ils auraient alors décidé de dormir sur place, dans une maison abandonnée, dans un contexte de prise de stupéfiants importante.

Il aurait récupéré le téléphone de la victime

Tandis qu’il avait franchi le mur d’une villa, le suspect se serait aperçu que son compagnon de route était au sol, inconscient. L’homme aurait indiqué aux enquêteurs qu’il ne respirait plus, qu’il n’avait plus de pouls. C’est là que l’affaire prend un tournant macabre : plutôt que d’appeler les secours, le trentenaire est soupçonné d’avoir jeté le corps de la victime dans une bouche d’égout non scellée, près de là, indique la police.

Il aurait cependant récupéré le téléphone portable de la victime, et aurait simulé des échanges d’appels et de SMS avec le sien, indique la police. Aux enquêteurs qui œuvraient alors à la recherche du jeune homme, le suspect aurait alors indiqué que leurs chemins s’étaient séparés, et qu’il n’avait aucune idée d’où il se trouvait. L’homme a été mis en examen pour « non-assistance à personne en danger » et « atteinte à l’intégrité d’un cadavre », et placé en détention provisoire à la maison d’arrêt de Béziers.