Marseille : Deux ans de prison avec sursis requis contre Karim Zéribi, jugé pour abus de biens sociaux

PROCES L’ancien élu et ex-Grandes Gueules​ de RMC a-t-il détourné l’activité de deux associations pour servir ses ambitions politiques ?

J.S.-M. avec AFP

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En 2010, Karim Zéribi présidait la RTM (archives).
En 2010, Karim Zéribi présidait la RTM (archives). — P.MAGNIEN / 20 MINUTES

Deux ans de prison avec sursis ont été requis mercredi contre Karim Zéribi, jugé pour abus de confiance et abus de biens sociaux. « Il n’y a pas eu d’enrichissement personnel » mais « l’enrichissement peut être parce que vous avez obtenu des moyens que vous n’auriez pas dû obtenir » notamment via ces deux associations, a lancé le procureur de Marseille Etienne Perrin. Le magistrat a aussi réclamé une amende de 50.000 euros et quatre ans d’inéligibilité.

Karim Zéribi a crié au complot, se disant au « centre d’une instrumentalisation » et victime de « méchanceté, haine et jalousie ». Ce cheminot de 53 ans, ex-député européen, est aujourd’hui directeur de l’engagement sociétal et de la transition écologique de la SNCF, éditorialiste dans l’émission Balance ton post !, après avoir été une des Grandes gueules de RMC.

« Détournement » des associations

Karim Zéribi a fondé deux associations : Agir pour la Citoyenneté (APC) et Agir pour la Compétence (APC-R), sorte de cabinet de recrutement pour les jeunes des quartiers défavorisés.

Ce qui lui est reproché ? « Un détournement de l’association » APC qui « a été déviée de sa voie », estime le procureur. Les ressources associatives auraient notamment financé un sondage facturé 9.500 euros et portant en partie sur la notoriété de Karim Zéribi, des outils de communication à son service ou le loyer de son cercle de réflexion politique « Nouvelle France ».

Karim Zéribi encourt une peine de trois ans de prison et 375.000 euros d’amende. Le jugement devrait être mis en délibéré.