Attentats de janvier 2015 : Le procès suspendu jusqu'à vendredi après le malaise d'un accusé

PROCES L’accusé malade, Mickaël Pastor Alwatik, a été ramené à la maison d’arrêt de Fleury-Mérogis pour subir plusieurs examens médiaux, dont un test Covid

Hélène Sergent

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Des avocats de la défense au procès des attentats de janvier 2015, le 21 septembre 2020 à Paris.
Des avocats de la défense au procès des attentats de janvier 2015, le 21 septembre 2020 à Paris. — AFP
  • Quatorze personnes sont jugées depuis le 2 septembre par la cour d’assises spéciale, soupçonnées d’avoir apporté leur aide aux frères Kouachi et à Amedy Coulibaly.
  • Après les témoignages des parties civiles et les victimes des attaques commises par les 7,8 et 9 janvier 2015, la cour d’assises devait commencer à aborder les faits reprochés aux accusés.
  • Mais l’audience a été brutalement interrompue à 11 h ce jeudi matin, après le malaise d’un des détenus présents dans le box.
  • Examiné à la maison d’arrêt de Fleury-Mérogis, il doit subir une série de tests dont les résultats détermineront l’arrêt ou la poursuite des débats.

A la cour d’assises spéciale à Paris,

Le procès-fleuve des attentats de janvier 2015 pourra-t-il aller à son terme ? La cour d’assises spéciale de Paris devra trancher demain, après la suspension inattendue de l’audience ce jeudi. La 17e journée du procès s’est brusquement interrompue à 11 h après le malaise d’un des accusés présents dans le box, Mickaël Pastor Alwatik. Fiévreux et souffrant de maux de tête, l’homme âgé de 35 ans a été ramené à la maison d’arrêt de Fleury-Mérogis, pour être « examiné » et subir une batterie de tests – dont un test Covid –, a précisé le président Régis de Jorna avant de suspendre l’audience jusqu’à vendredi matin.

Et c’est la tenue même du procès qui est aujourd’hui menacée, alors que le gouvernement vient de placer Paris en zone d’alerte renforcée en raison de la propagation du coronavirus. « La question est : aurons-nous les résultats du test Covid demain matin ? Si ce n’est pas le cas, il ne peut pas revenir dans ce box pour être jugé », a fait savoir l’avocate de Pastor Alwatik, Me Marie Dosé, quelques minutes avant la suspension. Dans la matinée, la pénaliste s’était par ailleurs étonnée qu’aucun des onze accusés présents depuis le 2 septembre à l’audience n’ait été testé. « Dès que nous aurons les résultats, nous vous les communiquerons », a assuré le président.

« Soit il est en état de comparaître, soit il ne l’est pas »

Après avoir entendu les témoignages des victimes des attaques du 7,8 et 9 janvier 2015, le tribunal devait se pencher ce jeudi sur le rôle joué par l’entourage des frères Kouachi et d’Amedy Coulibaly. Les auditions de deux figures du djihadisme Français – Peter Chérif et Farid Benyettou – étaient particulièrement attendues. Elles ne pourront se tenir demain, a fait savoir le président, qui souhaite conserver le planning prévu initialement pour la journée de vendredi.

Filmée, l’audience doit durer plus de deux mois, 49 jours au total. Avec 144 témoins cités, une dizaine d’experts, 90 médias accrédités et des centaines d’avocats présents dans le dossier et à l’audience, ce procès a nécessité une préparation hors-norme et des mesures sanitaires adaptées. Déjà reporté une première fois en mai à cause de la première vague de l’épidémie, le procès s’est finalement ouvert le 2 septembre dernier.

Désormais, la poursuite du procès est donc suspendue aux résultats médicaux de Mickaël Pastor Alwatik. Mais déjà, son avocate a prévenu : « Soit il est en état de comparaître, soit il ne l’est pas. » Dans ce cas, le tribunal n’aurait d’autre choix que d’interrompre les audiences jusqu’à son rétablissement.