Coronavirus à Lille : Le ramassage des déchets s'effectue « dans la crainte » chez Esterra

SANTE Dans la métropole de Lille, les salariés qui ramassent les poubelles vivent dans la crainte de la contagion du coronavirus

Gilles Durand

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Illustration d'un camion-benne à Lille (Archives).
Illustration d'un camion-benne à Lille (Archives). — G. Durand / 20 Minutes
  • Quatre cas de suspicions de Covid-19 ont été constatés chez les salariés d’Esterra qui collectent les déchets ménagers, selon les syndicats.
  • La CGT et la CFDT reconnaissent un sentiment de crainte au sein du personnel.
  • Les nouvelles mesures prises par la direction d’Esterra risquent de modifier les tournées de ramassage des poubelles.

Plusieurs cas de suspicions de Covid-19 chez les salariés : tel est le constat dressé par les syndicats d’Esterra, société qui ramasse les ordures ménagères dans la métropole de Lille (MEL). Contactée, la direction d’Esterra assure qu’il n’y a « aucun cas avéré à ce jour », sans donner plus de détails sur l’organisation mise en place et ses réponses aux salariés. Faute de dépistage systématique, les tournées doivent continuer, malgré le confinement et le coronavirus.

« Nous sommes conscients que notre travail est indispensable pour éviter que les déchets s’entassent, mais on va au boulot la boule au ventre. On ne sent pas en sécurité car des décisions ont été prises sur le tard, comme la désinfection, deux fois par jour, des camions, par exemple », raconte un délégué du syndicat CGT.

« Plus de cent salariés qui attendent ensemble »

Même constat de la part de la CFDT qui dénonce, de son côté, le manque de moyens de protection. « Nous n’avons pas de masques et le gel hydroalcoolique, tant attendu pour nous laver lors des tournées, n’est arrivé que lundi matin, déplore le syndicat. Par ailleurs, dans le dépôt de Roncq, il y a encore plus de 100 salariés qui attendent ensemble le départ de leur tournée. »

Deux horaires de départ, le matin (l’un à 4 h 50 et l’autre à 5 h 50) afin de réduire les regroupements et les risques de contamination, ont été pourtant mis en place dans les deux gros dépôts de Roncq et de Sequedin.

L’autre problème de promiscuité concernait le nombre de personnes par camions. Selon nos informations, un droit de retrait a été exercé à ce sujet, vendredi, dans le dépôt de Sequedin. Un nouveau dispositif de collecte a donc été instauré à partir de ce lundi : au lieu de trois par camion, les éboueurs ne seront que deux pour respecter la distance d’un mètre sur les sièges.

Changement de rythme de collecte pour les usagers ?

Ce ralentissement du ramassage va-t-il se traduire par un possible changement de rythme de collecte pour les usagers ? Pour l’instant, la MEL assure que les tournées restent assurées de la même manière, « mais que ça peut évoluer ». « Les déchets incinérables sont prioritaires et les camions tournent davantage. Avec, là aussi, davantage de risque de contamination entre chauffeurs », estime la CGT.

Environ un tiers des 1.100 salariés de l’entreprise ont été placés en activité partielle avec la fermeture des déchetteries et des points d’apports volontaires des produits chimiques ménagers, mais aussi à cause de la suspension du service de collecte des encombrants sur rendez-vous.