Coronavirus à Lille : Rentrée sans problème dans une école modèle

EDUCATION La maire de Lille, Martine Aubry, souhaitait mettre en avant la politique d’éducation plutôt que s’appesantir sur la problématique du coronavirus

Mikaël Libert

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Martine Aubry assiste à la rentrée des élèves de l'école Turgot, à Lille.
Martine Aubry assiste à la rentrée des élèves de l'école Turgot, à Lille. — M.Libert / 20 Minutes

Après la rentrée des enseignants, lundi, c’était au tour des enfants de reprendre le chemin de l’école, ce mardi matin, à Lille comme partout en France. Une nouvelle année scolaire qui sera, malgré tout, estampillée coronavirus. Si la maire de Lille, Martine Aubry, ne pouvait pas faire l’impasse sur la question, elle n’a toutefois pas souhaité s’en tenir là. Très à cheval sur la question de l’éducation, la socialiste avait donc convié la presse à l’école primaire Turgot, un modèle d’école « apaisée » et « durable ».

Dès 8h, ce mardi matin, enfants et parents arrivaient par petits groupes devant les grilles encore fermées de l’école Turgot, dans le quartier populaire de Lille-Sud. Alors que les petits exhibaient de rutilants cartables, mamans et papas arboraient des masques de circonstance. Hormis cela, pour un œil non averti, difficile de penser que l’on est en plein rebond de l’épidémie de coronavirus. Oubliés les marquages au sol, disparue la distanciation sociale. Et pourtant, l’organisation est bel et bien différente : « On fonctionne en bulles par niveau. Les CP arrivent en premier, puis les CE1 et CM2 et enfin les CE2 et les CM1 », explique derrière son masque une institutrice en tentant de rassembler les élèves de sa classe.

« Cette rentrée est très différente de celle d’après le confinement »

« Tâchez de vous espacer pour éviter les embouteillages », lance sans grand succès la directrice de l’établissement. D’habitude, tous les élèves entrent en même temps, accompagnés de leurs parents : « Là, ce n’était pas possible, il y a tout de même 272 enfants répartis en 16 classes, c’est une grosse école », glisse la directrice. Impossible donc de s’en tenir à des effectifs de 10 par salle, comme cela avait été le cas le 14 mai dernier. « Cette rentrée est très différente de celle d’après le confinement parce que l’on accueille tous les enfants, confirme Martine Aubry. Il nous fallait rassurer les parents de ces quartiers qui n’avaient pas remis leurs enfants à l’école au mois de mai », assure-t-elle.

Comme préconisé par le ministère de l’Education, tous les adultes, personnel enseignant ou non, portent un masque. Mais la mairie a souhaité aller au-delà : « Les salles sont nettoyées trois fois par jour et l’on emmène les enfants se laver les mains entre six et huit fois par jour », détaille l’élue. Et pour éviter de fermer toute une école pour une seule suspicion de Covid-19, la mairie applique la technique du « non-brassage ». Les élèves de différents niveaux ne se croisent pas, ni dans les couloirs, ni dans lors de la récréation. Idem à la cantine où, parfois, les repas pourront même être servis en classe.

Pour l’école Turgot, particulièrement « attractive », il fallait au moins ça. Elle est un exemple de ce que la ville souhaite faire dans les établissements scolaires sous sa responsabilité : débétonnisation, végétalisation et sensibilisation au développement durable. L’établissement compte de nombreux aménagements extérieurs : un potager hors sol, une « pelouse aux coccinelles », un récupérateur d’eau de pluie… « Certains enfants avaient même demandé un jacuzzi », s’amuse la directrice.