Lille : La sécurité est-elle toujours au cœur des préoccupations de Martine Aubry ?

SECURITE Martine Aubry a réaffirmé son intention de passer à la vitesse supérieure en termes de sécurité

Mikaël Libert

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Illustration de la police municipale de Lille.
Illustration de la police municipale de Lille. — M.Libert / 20 Minutes
  • Martine Aubry annonce le recrutement de 25 policiers municipaux d’ici fin 2020.
  • Selon la maire de Lille, le déploiement de la vidéosurveillance est en cours.
  • La socialiste dénonce un effet de communication de Gérald Darmanin sur la venue de 60 policiers en plus à Lille.

La sécurité a été le grand thème de la campagne des municipales à Lille après l’écologie. Mais où en est-on aujourd’hui ? Deux événements récents ont fait grand bruit, l’agression d’une femme à Moulins et une violente rixe filmée à Masséna. « Lille n’est pas Marseille », a souligné Martine Aubry, tout en reconnaissant que la situation est loin d’être rose. D’ailleurs la socialiste a affirmé, vendredi, que ses promesses de campagne sur la sécurité étaient dans les tuyaux, taclant au passage le ministre de l’Intérieur, Gérald Darmanin.

Sur la question de la sécurité, même si l’on n’en est pas au niveau « de Marseille ou de Paris », ce n’est pas la panacée à Lille. Et, selon la maire de Lille, Martine Aubry, la crise du coronavirus n’a pas arrangé les choses : « Pendant la période de confinement, il y a eu l’arrivée de beaucoup de dealers […] de la même manière que nous avons vu arriver beaucoup de sans domicile fixe. Et tous restent là », a constaté l’élue tout en insistant pour « ne pas mélanger les deux ». Ces nouveaux éléments sont autant d’huile versée sur un feu déjà bien alimenté.

« A Lille aujourd’hui, nous avons moins de policiers qu’avant l’été »

Fin juillet, l'agression d'une femme à Moulins par un dealer avait, semble-t-il, fait bouger les choses. Martine Aubry s’en était émue et avait réitéré auprès du ministre de l’Intérieur, Gérald Darmanin, sa demande pour obtenir des policiers supplémentaires. « D’ici la fin de l’année c’est 60 policiers en plus qu’il y aura dans l’agglomération de Lille », avait promis ce dernier quelques jours plus tard. Un habile jeu de communication a rétorqué la maire de Lille puisqu’il n’y a que 16 créations de postes, les autres ne faisant que remplacer des départs. « A Lille aujourd’hui, nous avons moins de policiers qu’avant l’été », a déploré Martine Aubry.

La municipalité n’a donc pas lâché l’idée d’étoffer les effectifs de sa propre police. « Nous allons embaucher 50 policiers municipaux, dont 25 dès cette année si nous y arrivons », poursuit la socialiste. Mais les effets ne se verront pas tout de suite, et sans doute pas avant 2021. « Il faut les choisir, les embaucher, qu’ils soient autorisés par la préfecture et qu’ils fassent une formation », liste la maire.

L’autre point sur lequel peut agir la ville, c’est l’installation de caméras de vidéo surveillance, équipement pour lequel Martine Aubry s'est toujours montré réservée. Des mobiles pour commencer, puis une cinquantaine en plus d’ici l’automne 2021 promet-on. Les endroits ciblés se précisent : autour des gares, dans les rues commerçantes et celles « où ne sont pas respectées les règles communes », ajoute la maire de Lille, visant le quartier Masséna-Solférino. C’est d’ailleurs dans ce même quartier, il y a deux semaines, qu’un homme a été violemment frappé devant l’objectif d’une caméra… de téléphone portable.