Il y a déjà des caméras à Lille, comme ici sur le Sacré cœur.
Il y a déjà des caméras à Lille, comme ici sur le Sacré cœur. — M.Libert / 20 Minutes

SECURITE

Lille : Le conseil municipal a voté l’installation de 50 caméras de vidéosurveillance

Mikaël Libert

Lille franchit le pas et augmente le nombre de caméras de vidéosurveillance appartenant à la municipalité

  • Le conseil municipal de Lille a voté l’installation de caméras de vidéosurveillance.
  • Une cinquantaine devrait s’ajouter aux huit implantées sur la commune.
  • Un chiffre auquel il faut ajouter 4.500 caméras publiques ou privées déjà en place.

« Under pressure ». Vendredi dernier, au cours d’un conseil municipal à huis clos en raison de l’épidémie de coronavirus, la décision de déployer des caméras de vidéosurveillance à Lille a été votée. Une simple formalité pour la maire socialiste, Martine Aubry, cette dernière ne faisant qu’appliquer une des promesses de son programme de campagne des municipales. Il s’agit pourtant d’un point sur lequel l’élue a toujours été réservée. Malgré l’arrivée prochaine de plusieurs dizaines de nouvelles caméras, elle affirme pourtant ne pas avoir « changé de philosophie » à ce sujet.

En fait, selon les chiffres fournis par la mairie, Lille est déjà largement couverte par de nombreux petits yeux électroniques. On nous annonce 4.500 caméras sur le territoire communal, sauf qu’elles sont inégalement réparties. La plupart se trouvent dans les transports en commun (2.000) et dans les commerces et zones commerciales (1.000). Trois cents appartiennent au domaine privé. Les autorités n’en contrôlent finalement « que » 1.200 sur la voie publique, notamment sur les bâtiments abritant des administrations. Et sur ce chiffre, seulement huit (en 2019) sont contrôlées directement par la mairie.

Plusieurs secteurs déjà ciblés

On est donc très loin de villes comme Nice qui dénombrait 2.666 caméras municipales en 2019. A Toulouse, au cours de son dernier mandat, le maire Jean-Luc Moudenc (LR), a multiplié l’installation de caméras faisant passer leur nombre de 17 à 400. Alors, avec les 50 appareils que Lille va implanter en 2021, Martine Auby a-t-elle encore un peu de marge avant de se voir qualifiée de « big mother » par les anti-caméras ? Les élus écologistes d’opposition ont déploré, lors de ce même conseil municipal, « une société où le contact humain devient quantité négligeable, remplacé par un tout technologique dont l’efficacité reste à prouver ».

Quoi qu’il en soit, le périmètre d’installation des nouvelles caméras reste majoritairement à définir par un comité de pilotage auquel participent la ville, la police, la justice et la métropole. Certains secteurs ont déjà été ciblés : Masséna/Solférino, la place des Reignaux et ses abords et la Briqueterie, à Saint-Maurice Pellevoisin. Ils seront équipés pour « la fin du 1er trimestre 2021 ». Mais la municipalité se contentera-t-elle de 40 caméras fixes et de dix caméras mobiles alors qu’il est prévu de créer un centre de supervision urbain (CSU) ?