Coronavirus à Lille : Une « usine à tests » s'installe au Zénith pour tester jusqu’à 1.000 personnes par jour

EPIDEMIE Le laboratoire Synlab promet de dépister jusqu’à mille personnes par jour dans sa méga plateforme installée au Zénith de Lille

Mikaël Libert

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La plateforme de prélèvements de Synlab installée au Zénith de Lille.
La plateforme de prélèvements de Synlab installée au Zénith de Lille. — M.Libert / 20 Minutes
  • Synlab installe une plateforme de prélèvements Covid-19 au Zénith de Lille.
  • Il promet de pouvoir tester jusqu’à mille personnes par jour.
  • Le laboratoire a investi un million d’euros pour augmenter sa capacité de production.

Dès vendredi, des centaines de personnes pourront venir chaque jour au Zénith de Lille pour se faire dépister du Covid-19. Le « leader européen de la biologie médicale », Synlab, a en effet squatté le vaste hall de la salle de spectacles pour y installer un centre de prélèvements de masse. Les laboratoires multiplient les usines à tests, notamment pour répondre aux ambitions gouvernementales de dépister un million de Français chaque semaine. Un objectif de santé publique qui se trouve être aussi très rentable pour les labos.

Il y a un mois, alors que la perspective d’une seconde vague forte de Covid-19 devenait inéluctable, les laboratoires Synlab Hauts-de-France ont contacté le Zénith de Lille pour leur proposer un deal. Leur principal drive piéton lillois de tests PCR était installé à l’institut Pasteur et les patients devaient patienter dehors avant de se faire prélever. La taille de ces locaux ne permettait pas non plus d’accueillir autant de personnes qu’il aurait fallu. L’idée était donc d’installer une méga plateforme de prélèvements dans le hall déserté du Zénith. « Je ne vais pas vous donner le prix de la location, mais cela nous permet de payer le chauffage et le personnel », reconnaît Philippe Blond, directeur général de Lille Grand palais.

Une promesse de résultats sous 24 heures

« Ici, les patients attendent dehors mais sont protégés de la pluie, l’intérieur est chauffé et ventilé, les conditions d’accueil sont optimales », explique pour sa part le docteur Thierry Mathieu, président de Synlab Hauts-de-France. Marquages au sol, pancartes explicatives et guichets de prélèvements isolés… L’organisation est millimétrée. « Six personnes peuvent être prélevées à la fois par six techniciens. Les box sont désinfectés après chaque passage et les résultats sont disponibles sous 24 heures », promet le président du laboratoire. Avec ou sans rendez-vous, la plateforme permettra de traiter un millier de personnes quotidiennement, de 9 heures à 15 heures chaque jour de la semaine.

Pour permettre un rendement aussi important, Synlab a investi dans des robots afin d’augmenter sa capacité de production de tests. « Plusieurs appareils pour environ un million d’euros installés dans nos locaux à Pasteur », affirme Thierry Mathieu. Un investissement important pour des machines « dont nous n’aurons pas forcément l’utilité hors épidémie de coronavirus », insiste-t-il.

Sur la question de la rentabilité d’une telle démarche, le président Hauts-de-France de Synlab reste évasif. Son laboratoire facture chaque test à l’Assurance maladie 70 euros, le plafond étant fixé à 73,99 euros. Depuis le début de la crise, pour la seule région des Hauts-de-France, Synlab en a effectué 250.000, ce qui représente 17,5 millions d’euros. A ce tarif, pour le seul centre installé au Zénith, le laboratoire facturera plus de trois millions d’euros à l’Assurance maladie pour six semaines d’exploitation. Bien entendu, il ne s’agit pas de bénéfice net. A cette somme, il faut notamment retirer le prix des robots, des consommables ou encore les charges. Synlab a, par exemple, embauché 80 personnes dans la région pour assumer la charge de travail liée à la crise sanitaire.