Lille : Un millier de personnes manifestent contre la proposition de loi sur la « sécurité globale »

LIBERTES PUBLIQUES Dans le cortège, de nombreux journalistes qui craignent pour l’exercice de leur métier

20 Minutes avec AFP

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Lors d'une autre manifestation contre la proposition de loi sécurité globale, à Toulouse. (illustration)
Lors d'une autre manifestation contre la proposition de loi sécurité globale, à Toulouse. (illustration) — LIONEL BONAVENTURE / AFP

« Même pas drone », « Orwell was right », « floutage de gueule » : environ un millier de personnes se sont rassemblées samedi à Lille pour protester contre la proposition de loi « sécurité globale », une « menace » à la liberté d’expression et d’information. Parmi la foule rassemblée sur la place de la République devant la préfecture du Nord, se mêlaient notamment des élus et militants politiques (LFI, PCF, PS, EELV), des membres des associations La Cimade, Amnesty international, Attac, Extinction Rébellion, les Amis de la Terre, Alternatiba, du SNJ et du club de la presse des Hauts-de-France.

« C’est une loi faite par la police » qui « menace la liberté d’informer, de s’exprimer, de manifester », a estimé Maud, étudiante de 27 ans. « C’est terrifiant. Elle entérine une surveillance généralisée par drone, par reconnaissance faciale. C’est une entaille profonde dans l’Etat de droit », dit-elle, une pancarte « Covid 1984 » à la main. Les manifestants – 800 selon la préfecture – ont dénoncé notamment la mesure pénalisant la diffusion de l’image des forces de l’ordre si elle porte « atteinte » à leur « intégrité physique ou psychique », adoptée dans un climat tendu à l’Assemblée nationale vendredi soir.

« Il y a une volonté de brimer la libre expression des opinions », a aussi dénoncé Philippe Vervacke, militant à la Ligue des droits de l’Homme, brandissant une pancarte « big brother is watching you ». « Ne vous floutez pas de nous », « plus de sécurité sociale, moins de sécurité globale », « des vidéos pas des lacrymo » ou encore « pas vu pas pris », pouvait-on lire sur les pancartes. « Les policiers sont des agents de l’Etat, ils doivent pouvoir répondre de ce qu’ils font », ajoute Julie, 46 ans, au chômage, tenant une pancarte « la dictature en marche à la main ».