Enquête sur la Russie : Roger Stone, un proche de Trump, condamné à trois ans de prison

ETATS-UNIS Roger Stone a notamment été condamné pour avoir menti au Congrès sur ses contacts avec WikiLeaks

P.B.

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L'ancien conseiller de Donald Trump, Roger Stone, à son arrivée au tribunal le 20 février 2020.
L'ancien conseiller de Donald Trump, Roger Stone, à son arrivée au tribunal le 20 février 2020. — Manuel Balce Ceneta/AP/SIPA

La juge a insisté, elle n’a été influencée ni par Donald Trump, qui avait dénoncé des réquisitions « injustes », ni par ceux qui voulaient faire de Roger Stone un « exemple ». Jeudi, ce proche et ancien conseiller de Trump a finalement été condamné à 3 ans et 4 mois de prison. Les procureurs avaient requis une peine comprise entre 7 et 9 ans, ce qui avait poussé le ministre de la Justice Bill Barr à dénoncer une réquisition trop sévère – une intervention qui avait conduit les quatre procureurs à claquer la porte.

Donald Trump a réagi jeudi, assurant que son ami Roger Stone, 67 ans, avait « de bonnes chances d’être innocenté ». Il a ajouté qu’il envisagerait plus tard d’éventuellement gracier son ex-collaborateur. « Je prendrai une décision à un moment donné », a dit le président,

Roger Stone a été condamné pour avoir interféré avec l’enquête du procureur spécial Robert Mueller sur la Russie et la campagne de Donald Trump. Cet adepte auto-proclamé des « arts obscurs » et des « coups fourrés » a notamment menti au Congrès sur ses contacts avec WikiLeaks alors qu’il cherchait à obtenir les emails piratés d’Hillary Clinton. Il a également été déclaré coupable de subornation de témoin – il avait cherché à faire taire un associé, Randy Credico, notamment en menaçant son chien.

Vers une grâce de Donald Trump ?

Désormais, tous les yeux sont braqués sur Donald Trump. Le président américain, qui a dénoncé une « chasse aux sorcières », pourrait en théorie gracier son ami de trente ans. Mais la juge lui a compliqué la vie en soulignant que Roger Stone avait agi pour « protéger » le président américain.

Même si le rapport Mueller l’a blanchi de toute « collusion » avec Moscou, Donald Trump n’en a pas fini avec le feuilleton russe. Mercredi, un avocat de Julian Assange a affirmé qu’un élu républicain avait proposé au fondateur de WikiLeaks une grâce présidentielle en 2017, à la direction de Donald Trump, s’il dédouanait la Russie dans l’affaire du piratage des emails du parti démocrate, une allégation immédiatement niée par le président américain.