Coup de tonnerre en Israël, Benny Gantz ouvre la voie au maintien de Benjamin Netanyahou

ACCORD Benny Gantz, qui était chargé de former un gouvernement, a finalement présenté sa propre candidature à la présidence du Parlement israélien

20 Minutes avec AFP

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Benny Gantz, le chef du parti centriste "Bleu et blanc".
Benny Gantz, le chef du parti centriste "Bleu et blanc". — Oded Balilty/AP/SIPA

Un accord qui pourrait mettre fin à la pire crise politique de l’histoire d’Israël. Benny Gantz a été élu président du Parlement israélien, ce jeudi, dans le cadre d’un potentiel accord de partage du pouvoir avec son rival Benjamin Netanyahou.

Jeudi après-midi à Jérusalem, le petit monde politique attendait l’élection d’un nouveau président du Parlement, au lendemain de la démission de Yuli Edelstein, un proche du Premier ministre sortant Benjamin Netanyahou, chef du parti de droite Likoud.

Un coup de théâtre

Benny Gantz, numéro un du parti centriste « Bleu-Blanc », qui a été désigné le 16 mars pour former le nouveau gouvernement après les dernières élections du 2 mars, devait présenter la candidature d’un de ses députés pour ce poste. Mais dans un coup de théâtre, il a présenté sa propre candidature, la seule d’ailleurs pour ce poste. Il a été aussitôt élu par 74 voix contre 18, obtenant notamment les voix des députés du Likoud, mais perdant des appuis dans son propre camp, des membres de « Bleu-Blanc » ayant refusé de cautionner ce rapprochement avec le parti de Benjamin Netanyahou.

Et juste après son élection, Benny Gantz a appelé à un « gouvernement d’union et d’urgence » pour gérer la crise du coronavirus. Depuis plus d’un an, Benny Gantz, ex-chef de l’armée, ne lorgnait pas le poste de président du Parlement mais celui de Premier ministre. Il a ainsi été chargé par le président Reuven Rivlin de former le gouvernement dans la foulée des troisièmes législatives en moins d’un an face à Benjamin Netanyahu. Ce dernier avait obtenu son meilleur score à la tête du Likoud – 36 sièges sur les 120 de la Knesset –, mais sans toutefois parvenir à rallier une majorité.

Un gouvernement d’union mais aussi « d’urgence »

Benny Gantz avait été désigné car il avait obtenu le soutien d’un plus grand nombre de députés que son rival pour tenter de former un gouvernement, alors que le pays est dirigé par des cabinets transitoires depuis plus de 15 mois. Le but de la manœuvre est « de former un gouvernement avec Netanyahou », a indiqué un cadre de la coalition « Bleu-Blanc », qui était par ailleurs jeudi sur le point d’imploser. Peu après l’annonce de Benny Gantz, les ténors du parti Yaïr Lapid et Moshe Yaalon ont indiqué quitter le navire.

Pendant ce temps, les équipes de Benny Gantz et de Benjamin Netanyahou mènent des pourparlers dans l’espoir d’accoucher d’un gouvernement d’union et aussi « d’urgence », l’Etat hébreu faisant face à la pandémie du coronavirus. Mais déjà des alliés de Benjamin Netanyahou ont salué la décision de l’ancien chef de l’armée qui semblait avoir rendu les armes. « Je félicite Benny Gantz pour sa décision courageuse d’intégrer un gouvernement d’unité mené par Benjamin Netanyahou. Il s’agit de la bonne décision à prendre pour Israël en cette période d’urgence » sanitaire, a commenté le ministre de la Défense Naftali Bennett.