Coronavirus: Angela Merkel rejette l'idée des corona bonds lors du sommet européen

ECONOMIE EUROPEENNE Les pays du Nord de l’Europe ont toujours refusé la mutualisation des dettes, régulièrement demandée par ceux du Sud

20 Minutes avec AFP

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Le sommet européen du 26 mars 2020 par vidéoconférence.
Le sommet européen du 26 mars 2020 par vidéoconférence. — AFP

Sans surprise, c’est donc « Nein ». Angela Merkel a fait part lors d’un sommet européen jeudi de son opposition à l’idée d’émettre des « corona bonds ». Ceux-ci étaient pourtant souhaités par les dirigeants français et italien notamment, pour répondre à la crise liée au nouveau coronavirus. « Nous avons dit du côté allemand, mais aussi de la part d’autres participants, que ce n’était pas la conception de tous les Etats membres » d’émettre ces emprunts européens communs pour soutenir l’économie, a souligné la chancelière allemande à l’issue du sommet par vidéoconférence.

Préférence pour le Mécanisme européen de stabilité

Angela Merkel, qui a toujours refusé le principe d’une mutualisation des dettes en Europe, a réaffirmé sa « préférence pour le MES », le Mécanisme européen de stabilité qui est le fonds de secours en cas de crise de la zone euro. « Nous avons, je crois, avec le MES un instrument de crise qui ouvre de nombreuses possibilités et qui ne remet pas en question les principes de base d’une action commune et de responsabilité de chacun », a-t-elle ajouté. En clair : à un grand emprunt européen mutualisé, la chancelière préfère le MES qui peut poser des conditions strictes en échange de ses prêts à des pays en crise, comme des réformes difficiles à faire ou des économies à réaliser. Ce que ne souhaite pas Rome.

Dans une lettre adressée mercredi au président du Conseil européen Charles Michel, les dirigeants de neuf pays européens, dont Emmanuel Macron et l’Italien Giuseppe Conte, avaient appelé à la création de corona bonds afin de disposer de fonds importants face à la crise sanitaire exceptionnelle qui secoue l’UE. La mutualisation des dettes des pays européens est fréquemment réclamée par les pays particulièrement endettés du sud de l’Europe, comme l’Italie, mais elle est rejetée par les pays du nord.

Une peur historique de l’hyperinflation

La crainte de créer de l’inflation, et surtout de ne plus pouvoir la contrôler, a toujours dominé les choix de politique économique de la part de ces pays. Ces derniers, comme l’Allemagne et les Pays-Bas, plus vertueux en matière budgétaire, ont toujours observé avec méfiance les Etats du sud, qu’ils jugent plus laxistes, surtout depuis la crise de la dette de la zone euro. Cette opposition à l’idée de mutualiser des dettes avait culminé en 2015 lors des houleuses négociations pour un troisième plan de sauvetage de la Grèce alors en plein marasme économique.