Coronavirus: Après l’appel de l’ONU, plusieurs cessez-le-feu acceptés dans le monde

TRÊVES Face à la propagation de la pandémie, des pauses dans la guerre ont ainsi été évoquées ces derniers jours par les belligérants aux Philippines, au Cameroun, au Yémen et en Syrie

20 Minutes avec AFP

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Des enfants au Yémen devant une maison détruite par des bombardements, le 19 mars 2020.
Des enfants au Yémen devant une maison détruite par des bombardements, le 19 mars 2020. — CHINE NOUVELLE/SIPA

Même si le monde se serait bien passé de cette pandémie, le coronavirus aura au moins eu un, mais un seul, effet positif. L’ONU a en effet salué jeudi la proclamation de cessez-le-feu dans plusieurs pays en conflits, après l’appel de son secrétaire général, Antonio Guterres, à arrêter les combats face à la propagation du coronavirus. Surtout, le mouvement est en voie d’être soutenu par des résolutions au Conseil de sécurité et à l’Assemblée générale.

Plus de 5 ans de guerre au Yémen

Coup sur coup, des cessez-le-feu ont ainsi été évoqués ces derniers jours par les belligérants aux Philippines, au Cameroun, au Yémen et en Syrie. Martin Griffiths, l’émissaire de l’ONU au Yémen, pays ravagé par la guerre depuis plus de cinq ans, a salué jeudi les « réponses positives » des rebelles Houthis et du gouvernement yéménite en faveur d’un cessez-le-feu afin de mieux lutter contre le Covid-19 et de permettre une pause humanitaire. Il a réclamé qu’ils participent à une « réunion urgente » pour le concrétiser.

Le même jour, le porte-parole de l’ONU, Stéphane Dujarric a accueilli favorablement « le cessez-le-feu temporaire annoncé le 25 mars par les Forces de défense camerounaises du Sud ». La veille, il s’était déjà félicité du cessez-le-feu temporaire annoncé le 24 mars par le Parti communiste des Philippines avec le gouvernement de ce pays. Jeudi soir enfin, le porte-parole a « salué la déclaration des Forces démocratiques syriennes du 24 mars » soutenant l’idée d’un cessez-le-feu et leur « engagement à éviter les actions militaires » dans le nord-est du pays.

Difficiles négociations au Conseil de sécurité

Ce mouvement a fait bouger jusqu’au Conseil de sécurité de l’ONU. Selon un diplomate requérant l’anonymat, « un projet de résolution a circulé entre les cinq membres permanents ». « Certains pays à l’ONU pensent à un texte visant à soutenir l’appel de Guterres », a confirmé une autre source diplomatique. Selon des sources concordantes, la France serait à l’origine de l’initiative. Dans la nuit de jeudi à vendredi, le président français Emmanuel Macron a évoqué sur Twitter la préparation d’une « nouvelle initiative importante » face à la pandémie, après une conversation avec son homologue américain Donald Trump.

Toutefois, rien n’est encore joué. Lundi, un projet de « déclaration » sur le Covid-19, porté par l’Estonie, s’était heurté à un mur, faute de consensus entre les 15 membres du Conseil de sécurité. Entre la Russie réticente à ce que le Conseil de sécurité se saisisse d’un sujet de santé et les Etats-Unis qui pourraient insister pour une mention soulignant que le virus vient de Chine, la démarche s’avère délicate pour l’adoption d’une résolution au sein d’une enceinte où les divisions sont légion depuis des années.