Coronavirus : La solidarité face à l'épidémie s'organise un peu partout en Europe

ENTRAIDE Les Etats ont aussi flairé le bon filon du bénévolat

20 Minutes avec AFP

— 

Une banderole de solidarité en Allemagne, au temps du coronavirus.
Une banderole de solidarité en Allemagne, au temps du coronavirus. — INA FASSBENDER / AFP

Depuis le début de la crise sanitaire, partout en Europe la solidarité s’organise, à l’échelle collective, sous la houlette des gouvernements ou des associations caritatives, mais aussi individuelle. On prête main-forte à son voisin âgé pour les courses ou à celui qui travaille pour garder ses enfants. Un marchand de légumes romain distribue du pain gratuitement. Un de ses compatriotes cordonnier enseigne sur Facetime à fabriquer un masque.

En France, un des pays où des applaudissements résonnent tous les soirs en signe de soutien aux personnels soignants, des particuliers ont vite proposé de mettre gracieusement à leur disposition des logements, pour leur éviter des déplacements. Depuis, des sites spécialisés ont emboîté le pas, comme le géant Airbnb qui, à la demande de l’Etat français, a mis en place une plateforme spécifique « Appartsolidaire ». En Hongrie, la page Facebook « Communauté Airbnb de Budapest pour les travailleurs de la santé » compte déjà 1.200 membres.

Le logement, nerf de la guerre

A Rome, Londres et ailleurs, les chauffeurs de taxi ne sont pas en reste et se mettent gratuitement au service des personnels médicaux. De nombreux restaurateurs ont aussi mis la main à la pâte, livrant repas ou sandwiches à ces unités du premier front. Avant de fermer ses portes pour cause d’épidémie, un restaurant thaï de Belfast a cuisiné tout son stock pour le Royal Victoria Hospital.

Et au Canada, en Europe, des professeurs de yoga ou de gym diffusent des vidéos de leurs cours, des artistes lisent des livres pour enfants sur Instagram (un répit pour les parents), les talents des uns et des autres deviennent des tutos. Au Royaume-Uni, plus d’un million de personnes ont rejoint 1.000 groupes Facebook d’entraide locale, selon un porte-parole du réseau social.

« C’est la résilience »

Enfin il y a, bien sûr, une des urgences du moment : la fabrication de masques de protection. Des volontaires cousent en Sardaigne, en Pologne, en Tchécoslovaquie, quand ce ne sont pas des entreprises de textile qui se mettent à les produire pour les vendre à prix coûtant, comme Zornica dans l’ouest de la Slovaquie. Loin des images de consommateurs s’arrachant un paquet de pâtes…

Cet élan, « c’est la résilience », explique le psychanalyste et romancier français Vincent Hein. « Du jour au lendemain, les gens sont enfermés chez eux (…). Le meilleur moyen de se sentir utile, c’est d’être utile ! », dit-il. Avec un bémol : « S’il devait y avoir des restrictions alimentaires, il n’y aurait peut-être plus de madeleines… ».

Des plateformes pour aider

Lui-même fait partie des « psy » offrant aujourd’hui des téléconsultations gratuites au personnel médical, mais nie toute générosité de sa part. « Je fais mon métier ! », explique-t-il. En Grèce, les psychologues de l’organisation SolidarityNow d’Athènes et de Thessalonique sont dans la même démarche. Les gouvernements ont souvent saisi cette vague pour l’organiser, ainsi que les organisations caritatives atteintes par la mise en retrait de leurs bénévoles habituels, souvent âgés.

Le gouvernement autrichien a par exemple lancé une plateforme pour recruter des bénévoles pour des secteurs où l’on manque de bras, notamment l’agriculture, privée de ses saisonniers de l’Est pour les récoltes par la fermeture des frontières. La France s’est, elle, dotée d’un site baptisé « jeveuxaider.gouv.fr » tandis que des municipalités ont largement placardé sur les entrées d’immeuble un appel à volontaires.