Coronavirus : Trump renonce à placer l’Etat de New York en quarantaine après une vague de critiques

PANDÉMIE Le président américain avait assuré réfléchir à la mise en place d’une telle mesure pour « une courte période »

20 Minutes avec AFP

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Donald Trump quitte la Maison-Blanche pour la base militaire de Norfolk, le 28 mars 2020.
Donald Trump quitte la Maison-Blanche pour la base militaire de Norfolk, le 28 mars 2020. — REX/SIPA

Donald Trump a annoncé samedi qu’il renonçait finalement à placer en quarantaine les Etats de New York, du New Jersey et du Connecticut, après avoir évoqué cette possibilité plus tôt dans la journée et causé l’émoi dans la région. Les Etats-Unis, frappés de plein fouet par le Covid-19, comptent désormais plus de 110.000 cas confirmés et 1.841 morts, dont 517 pour la seule ville de New York.

Le chef de l’Etat a indiqué qu’il avait demandé au Centre de contrôle des maladies (CDC), autorité de santé nationale, de diffuser un avis « ferme » dissuadant les déplacements pour entrer ou sortir de ces Etats, sans pour autant fermer leurs frontières. En milieu de journée, il avait évoqué la possibilité de placer en quarantaine l’Etat de New York, tout en restant évasif sur la portée exacte de cette mesure. « Certains aimeraient que (l’Etat de) New York soit placé en quarantaine parce que c’est un point chaud », avait-il déclaré.

« Je ne sais même pas si c’est légal »

Un peu plus tard, le milliardaire républicain avait assuré que la mesure n’aurait « aucun impact » sur les échanges commerciaux entre les Etats concernés et le reste du pays. « Cela serait pour une courte période », avait-il encore dit, assurant qu’il entretenait un très bon dialogue avec le gouverneur de l’Etat de New York Andrew Cuomo.

Interrogé quelques minutes plus tard sur ce thème, ce dernier s’était pourtant montré très surpris, affirmant que la question n’avait à aucun moment été évoquée lors de son échange téléphonique matinal avec le président américain. « Je ne sais même pas ce que cela veut dire », a-t-il répondu, ne cachant pas sa perplexité. « Je ne sais même pas comment cela pourrait être appliqué d’un point de vue légal », a-t-il ajouté. « Cette idée ne me plaît pas ». « Je pense que ça paralyserait l’économie », a-t-il expliqué. « Cela provoquerait un choc pour les marchés d’une ampleur inédite. En tant que gouverneur, je ne fermerai pas mes frontières ».

« Quand vous manquez de clarté, cela peut générer de la confusion, qui peut mener à la panique », avait regretté samedi le gouverneur du Connecticut, Ned Lamont. Ce dernier a indiqué avoir demandé des éclaircissements à la Maison-Blanche, qui lui a expliqué que tous les scénarios étaient sur la table, y compris un « lockdown », c’est-à-dire l’interdiction d’entrée et de sortie d’un Etat donné. « New York, le New Jersey et le sud du Connecticut sont la capitale mondiale du commerce et de la finance », a prévenu le gouverneur Lamont. « Et si vous tenez autant que le président à voir l’économie redémarrer », a-t-il poursuivi, « il faut faire très attention à ce que vous dites et à ce que vous ne dites pas ».

Un navire-hôpital en route pour New York

L’Etat de New York est de loin le plus touché par le coronavirus aux Etats-Unis, avec 52.318 cas et 728 décès. Samedi, le locataire de la Maison-Blanche s’est rendu sur la base militaire de Norfolk, en Virginie, pour assister au départ pour New York du navire-hôpital de la marine américaine USNS Comfort, d’une capacité de 1.000 lits. Ce navire-hôpital vise à soulager les hôpitaux sur la terre ferme face à la propagation rapide de la pandémie.

Signe des bouleversements profonds qui touchent la société américaine à tous les niveaux, Andrew Cuomo a de son côté annoncé samedi le report de la primaire présidentielle dans l’Etat de New York du 28 avril au 23 juin. Deux des autres principaux foyers du Covid-19 aux Etats-Unis, la Californie (3 mars) et l’Etat de Washington (10 mars), ont déjà voté, tandis que le New Jersey doit se prononcer le 2 juin.