Ouganda : Un homme condamné à 11 ans de prison pour avoir tué un gorille des montagnes

PROTECTION DES ANIMAUX Le gorille Rafiki, âgé de 25 ans, était le mâle dominant d’une famille de 17 membres

20 Minutes avec agences

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Un gorille des montagnes en Ouganda (illustration).
Un gorille des montagnes en Ouganda (illustration). — Zaruba Ondrej/AP/SIPA

Un Ougandais a été condamné jeudi à une peine de prison de 11 ans pour avoir notamment tué en juin un rare gorille des montagnes dans le parc de la forêt de Bwindi, dans le sud-ouest du pays. Cet animal au dos argenté, nommé Rafiki (ami en swahili), était âgé d’environ 25 ans.

Felix Byamukama, habitant d’un village voisin, avait été arrêté et avait reconnu avoir tué le singe avec une lance. Il avait assuré avoir agi en état de légitime défense, selon l’Autorité ougandaise de la faune (UWA), qui annonce que l’homme a tué « d’autres animaux » dans le parc. Le suspect avait plaidé coupable de trois chefs d’inculpation : être entré illégalement dans une zone protégée, et avoir aussi tué une antilope et un potamochère.

Une espèce « en danger »

« Nous sommes soulagés que justice ait été rendue pour Rafiki et cela devrait servir d’exemple aux autres personnes qui tuent des animaux », a déclaré le directeur exécutif de l’UWA, Sam Mwandha. Rafiki était le mâle dominant d’une famille de 17 gorilles, la première à avoir été habituée à la présence humaine dans le parc, pour permettre aux touristes de venir l’observer.

L’UWA avait décrit la mort de Rafiki comme un « coup dur » alors que des efforts intensifs ont permis de faire passer le gorille des montagnes de la catégorie « en danger critique » à celle de « en danger » sur la liste rouge des espèces menacées de l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN). La population de gorilles des montagnes, présents en Ouganda, au Rwanda et en République démocratique du Congo (RDC), est estimée à environ 1.000 individus, contre 680 en 2008.

Hausse du braconnage

La mort de Rafiki est intervenue alors que la fréquence des cas de braconnage a augmenté en Ouganda depuis l’instauration d’un confinement strict pour lutter contre le coronavirus.

« Nous avons observé une hausse des cas de braconnage dans nos parcs nationaux après la fermeture de nos pôles touristiques à cause du Covid-19 », a déclaré à Sam Mwandha. « Nous cherchons qui est derrière ça. Est-ce qu’à cause du confinement, les communautés près des parcs s’en prennent aux animaux pour survivre ? Est-ce qu’un réseau criminel est derrière la hausse du braconnage ? Est-ce que l’absence du tourisme dans les parcs facilite la tâche des braconniers ? », s’est-il interrogé.