Explosions à Beyrouth : Le président Michel Aoun rejette une enquête internationale

ENQUETE Deux gigantesques explosions ont causé la mort d’au moins 137 personnes et blessé 5.000 autres mardi

20 Minutes avec AFP

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Des secouristes à l'oeuvre sur ce qui était le port de Beyrouth, le 7 août 2020 au Liban.
Des secouristes à l'oeuvre sur ce qui était le port de Beyrouth, le 7 août 2020 au Liban. — JOSEPH EID / AFP

L’enquête est en cours à Beyrouth, après les deux violentes explosions qui ont laissé une ville en ruines et tué au moins 137 personnes mardi. Alors que les secouristes cherchent des survivants dans les décombres, le président Michel Aoun s’est exprimé ce vendredi et a rejeté une enquête internationale.

« Il est possible que cela ait été causé par la négligence ou par une action extérieure, avec un missile ou une bombe », a déclaré le chef de l’Etat, laissant planer le doute sur les causes du drame.

C’est la première fois qu’un responsable libanais évoque une piste extérieure dans l’affaire de l’explosion, les autorités affirmant jusqu’à présent qu’elle a été provoquée par un incendie dans un énorme dépôt de nitrate d'ammonium.

Images aériennes

Le chef de l’Etat, âgé de 85 ans, a ajouté avoir « personnellement » demandé jeudi au président français Emmanuel Macron qu’il a reçu au palais présidentiel « de nous fournir des images aériennes pour que nous puissions déterminer s’il y avait des avions dans l’espace (aérien) ou des missiles » au moment de l’explosion mardi.

« Si ces images ne sont pas disponibles chez les Français, on demandera à d’autres pays », a ajouté Michel Aoun, violemment critiqué par la population qui dénonce l’incompétence des autorités et la corruption.

Outre le nitrate d'ammonium, une substance explosive, le procureur militaire a évoqué la présence de « matériaux hautement inflammables et des mèches lentes » selon un communiqué.

Un système politique « paralysé »

Au sujet de la gouvernance du pays, le président libanais, a en outre jugé nécessaire de revoir un régime politique « paralysé », alors qu’Emmanuel Macron a appelé les responsables à «changer le système».

« Nous sommes confrontés à une révision de notre système basé sur le consensus car il est paralysé et ne permet pas de prendre des décisions qui peuvent être mises en œuvre rapidement : elles doivent être consensuelles et passer par plusieurs autorités », a estimé Michel Aoun.