Explosions à Beyrouth : Un deuxième Français décède, l’enquête à Paris confiée à des juges d’instruction

DRAME Deux explosions ont fait plus de 170 morts et plus de 6.000 blessés à Beyrouth la semaine dernière

20 Minutes avec AFP

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Le port de Beyrouth, le 14 août 2020.
Le port de Beyrouth, le 14 août 2020. — Hassan Ammar/AP/SIPA

Un deuxième ressortissant français a été recensé parmi les personnes décédées dans la double explosion qui a ravagé Beyrouth le 4 août et fait plus de 171 morts, a-t-on appris ce vendredi de sources concordantes.

A ce jour, 93 blessés de nationalité française ont par ailleurs été dénombrés parmi les plus de 6.500 blessés recensés par les autorités libanaises, a précisé une de ces sources.

L’enquête, qui avait été ouverte par le parquet de Paris compte tenu de la présence de victimes françaises et notamment de plusieurs dizaines de blessés, a par ailleurs été confiée mardi à deux juges d’instruction du pôle spécialisé accidents collectifs du tribunal, a indiqué le parquet de Paris, confirmant une information de BFMTV. L’information judiciaire a été ouverte des chefs d'« homicides involontaires » et « blessures involontaires », a-t-il précisé.

Un juge local nommé pour mener l’enquête

Un premier mort français avait été rapidement identifié parmi les victimes, l’architecte Jean-Marc Bonfils, installé au Liban où il avait pris part notamment à des projets de restauration de bâtiments détruits par la guerre, selon la ministre de la Culture. Dans les jours qui ont suivi la catastrophe, provoquée par une énorme quantité de nitrate d’ammonium stockée dans un entrepôt, des enquêteurs français de la police scientifique et judiciaire ont été dépêchés sur place.

Leur mission vise notamment à participer à l’identification des victimes et à la reconstitution des évènements, dans le cadre d’une coopération avec les autorités libanaises. Ces dernières continuent de rejeter une enquête internationale malgré les voix qui s’élèvent au Liban et à l’étranger en ce sens. Des experts de l’ONU ont réclamé une enquête indépendante et rapide, exprimant leur inquiétude devant « l’impunité » dont bénéficient selon eux les responsables politiques libanais.

Les autorités libanaises ont nommé le juge Fadi Sawan, connu selon des sources judiciaires pour son indépendance et sa probité, pour mener l’enquête sur les causes de l’explosion. Jeudi, les Etats-Unis ont annoncé que la police fédérale américaine (FBI) allait se joindre aux enquêteurs « à l’invitation » des autorités libanaises. Plus d’une semaine après la tragédie du 4 août, qui a fait 171 morts et plus de 6.500 blessés, Beyrouth reste sinistrée, avec des quartiers entiers en ruines et près de 300.000 habitants à la rue.