Tasmanie : Des sauveteurs australiens contraints d’euthanasier des « dauphins-pilotes »

ANIMAUX Dimanche, 400 « dauphins-pilotes » ont été découverts échoués sur des bancs de sable d’une baie de la côte ouest de l’île de Tasmanie

20 Minutes avec AFP

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Un dauphin mort après s'être échoué dans la baie de Tasmanie, en Australie, le 24 septembre 2020.
Un dauphin mort après s'être échoué dans la baie de Tasmanie, en Australie, le 24 septembre 2020. — Mell CHUN / AFP

Après avoir échoué dans une baie de Tasmanie en début de semaine, des « dauphins-pilotes » qui avaient survécu ont dû être euthanasiés, ce jeudi, par des sauveteurs australiens.

Dimanche, les cétacés ont été découverts échoués sur des bancs de sable d’une baie de la côte ouest de l’île de Tasmanie. Si les efforts des sauveteurs ont permis d’en sauver 88, le bilan pourrait cependant s’aggraver encore, les chances de survie s’amenuisant au fil des heures. « Nous avons encore quelques animaux toujours en vie et que nous pensons être en état d’être déplacés », a déclaré Nic Deka, le directeur des Parcs naturels de Tasmanie.

« Nous nous sommes concentrés sur ceux qui semblent être les plus viables »

Il a expliqué que les sauveteurs, dont la tâche est « physiquement éprouvante », poursuivront leurs opérations de sauvetage jusqu’à la tombée de la nuit ainsi que vendredi. « Il est probable que nous poursuivions nos efforts pour les sauver demain… Nous nous sommes concentrés sur ceux qui semblent être les plus viables et avec lesquels nous avons le plus de chances de réussir », a-t-il déclaré. Une soixantaine de personnes, dont des spécialistes de la protection de l’environnent et des employés de fermes aquacoles voisines, ont passé des heures dans les eaux glacées de Macquarie Harbour, au milieu des cris des cétacés agonisants. « Il y a des animaux qui nagent autour, ils émettent des sons. Nous voyons les liens qu’ils ont entre eux et ceux qui forment un couple ».

Les « dauphins-pilotes », qui peuvent faire jusqu’à six mètres de long et peser une tonne, sont connus pour être particulièrement sociables. Certains d’entre eux ont résisté aux moyens déployés pour les sauver et ont tenté de retourner dans leur famille après avoir été libérés, ce qui les a conduits à s’échouer une seconde fois. Le niveau de détresse de certains globicéphales est tel que les autorités ont dit avoir été contraintes de procéder à l’abattage d’au moins quatre « dauphins-pilotes » pour abréger leurs souffrances. « Nous en avons quelques autres que nous examinons actuellement sur un plan vétérinaire », a indiqué Kris Carlyon, biologiste marin au sein du département de l’environnement de Tasmanie. Les sauveteurs ont concentré jeudi leurs efforts sur 20 à 25 cétacés, en partie submergés, en utilisant des bateaux auxquels sont attachés des câbles pour les escorter jusqu’au large.

L’échouage, un phénomène inexpliqué

Mais désormais, ils sont contraints de réfléchir à la meilleure manière d’évacuer les carcasses des près de 400 mammifères qui ont déjà péri. « Nous commençons à élaborer un plan, nous privilégions leur rejet en mer. Nous continuons à prendre l’avis d’experts sur l’endroit exact où elles doivent être laissées », a déclaré Nic Deka. Une fois abandonnées, les carcasses « gonfleront et flotteront » ce qui peut présenter un danger pour la navigation, polluer la baie et attirer des requins et autres prédateurs. « La décomposition d’un si grand nombre d’animaux pourrait affecter les niveaux d’oxygène dans certaines parties de la baie et perturber la vie marine à cet endroit-là », selon Nic Deka.

Les raisons pour lesquelles les cétacés échouent ainsi parfois en masse demeurent inconnues même pour les scientifiques qui étudient ce phénomène depuis des décennies. Certains chercheurs estiment que ces globicéphales auraient pu dévier de leur itinéraire, attirés par de la nourriture se trouvant à proximité du rivage, ou qu’ils auraient suivi un ou deux d’entre eux qui se seraient égarés. Pour Kris Carlyon, il s’agit d’un « événement naturel », des échouages de l’espèce s’étant régulièrement produits tout au long de l’histoire, tant au sud de l’Australie qu’en Nouvelle-Zélande, ainsi que dans d’autres parties du monde. « Nous intervenons dans ce genre de situation mais nous ne pouvons pas faire grand-chose pour empêcher que cela ne se reproduise », a-t-il souligné.