Attaques chimiques en Syrie : Une plainte déposée contre le régime syrien

JUSTICE Trois organisations non gouvernementales, Open Society Justice Initiative (OSJI), Syrian Archive et le Centre syrien des médias et de la liberté d’expression, ont déposé plainte

20 Minutes avec AFP

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Un homme collecte des échantillons après l'atatque chimique à Khan Cheikhoun, en Syrie
Un homme collecte des échantillons après l'atatque chimique à Khan Cheikhoun, en Syrie — OMAR HAJ KADOUR / AFP

Trois organisations non gouvernementales ont annoncé avoir déposé plainte contre les attaques chimiques imputées au régime syrien de Bachar al-Assad en 2013 et 2017, ce mardi, une première.

Open Society Justice Initiative (OSJI), Syrian Archive et le Centre syrien des médias et de la liberté d’expression ont porté plainte, lundi, auprès du parquet fédéral de Karlsruhe.

« Ligne rouge »

Elles justifient cette plainte au nom du principe de compétence universelle en vigueur en Allemagne. Cette action en justice concerne une attaque menée au gaz sarin dans la banlieue de Damas, dans la Ghouta orientale, le 21 août 2013. Les plaignants estiment qu’elle a fait 1.200 victimes. Cette attaque constituait une violation de la « ligne rouge » tracée par le président américain Barack Obama.

La seconde attaque chimique, elle aussi au gaz sarin, avait été perpétrée le 4 avril 2017 à Khan Cheikhoun, entre Damas et Alep, faisant 200 morts, selon les plaignants. Après la première attaque, le régime syrien s’était engagé à détruire son stock d’armes chimiques. La seconde attaque avait été suivie par des frappes américaines sur un aéroport d’où étaient partis les avions syriens.

Les organisations réclament des « mandats d’arrêt »

« Le dossier (de plainte) comprend de nouvelles preuves et pistes d’enquête, et montre que le gouvernement syrien a perpétré les attaques », assurent les ONG dans un communiqué commun. « Les deux attaques ont coïncidé avec des frappes sur des installations médicales proches, ce qui a sérieusement entravé les secours », dénoncent-elles.

« Le temps est venu pour les procureurs européens compétents d’enquêter conjointement sur le programme d’armes chimiques de la Syrie et d’émettre des mandats d’arrêt contre les responsables syriens », réclament ces organisations.

Deux Syriens jugés pour crimes contre l’humanité en Allemagne

Depuis fin avril 2020, deux anciens des services de renseignement syriens, réfugiés en Allemagne, sont jugés devant une Cour de Coblence pour crimes contre l’humanité, un procès présenté comme historique.

Il s’agit d’Anwar Raslan, présenté comme un ancien colonel de la Sûreté d’Etat, et d’un autre ancien membre des services de renseignement, Eyad al-Gharib. Dès 2017, les plaintes de Syriens affirmant avoir été torturés dans les geôles du régime se sont multipliées en Allemagne, où la justice s’est montrée active face à des exactions largement documentées par des ONG et des témoignages de rescapés réfugiés à l’étranger.