Royaume-Uni : Les palais royaux lancent une enquête sur leurs liens avec l’esclavage

HISTOIRE L'enquête doit se pencher sur le passé des bâtiments britanniques parmi les plus célèbres, comme l’emblématique Tour de Londres

20 Minutes avec agences

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Kensington Palace au Royaume-Uni.
Kensington Palace au Royaume-Uni. — Richard Young/REX/SIPA

Elle rejoint de nombreuses d’institutions s’interrogeant sur leur passé dans la foulée du mouvement Black Lives Matter. L’association chargée d’entretenir six des palais royaux britanniques a lancé une enquête sur les liens de ces résidences avec l’esclavage. « Nous avons beaucoup réfléchi et planifié toutes sortes de changements. Le moment est venu », a déclaré sa conservatrice Lucy Worsley, dans un entretien au Times mercredi.

L’enquête se penchera sur le passé des bâtiments britanniques parmi les plus célèbres, comme l’emblématique Tour de Londres ou bien encore Kensington Palace, la résidence londonienne du prince William et de son épouse Kate.

Le rôle de la dynastie des Stuart

« Tout ce qui est relié à la dynastie des Stuart va impliquer de l’argent dérivé de l’esclavage », a ainsi expliqué l’historienne, célèbre présentatrice d’émissions historiques sur la BBC. Les Stuart ont joué un rôle important dans le commerce esclavagiste, le roi Charles II ayant autorisé en 1663 la création de ce qui allait devenir la Compagnie royale d’Afrique, qui a détenu jusqu’en 1698 le monopole complet sur la traite d’esclaves.

L’entreprise, qui n’a cessé le commerce d’esclaves qu’en 1731, avait été fondée par Jacques II, frère de Charles II, qui monta lui-même sur le trône par la suite.

De nombreux monuments en lien avec l’esclavagisme

Dans le sillage du mouvement Black Lives Matter après la mort de George Floyd, contestations, questionnements et introspection ont essaimé au Royaume-Uni autour du passé colonial du pays et de sa représentation. Cela a parfois donné lieu à des tensions dans la société britannique. Le Premier ministre Boris Johnson a notamment dénoncé des « extrémistes » et a appelé à ne pas « censurer le passé » après des manifestations entraînant le déboulonnage de statues.

Mi-septembre, le National Trust, association chargée de la conservation de grands sites britanniques, avait indiqué qu’un tiers des monuments historiques dont elle avait la charge présentaient des liens avec le colonialisme ou l’esclavage. Parmi les 93 monuments concernés, on trouve par exemple Chartwell, la maison de Winston Churchill dans le Kent.