Présidentielle américaine : La Géorgie certifie ses résultats et la victoire de Biden, mais Trump peut demander un second recomptage

ETATS-UNIS Le président américain a jusqu'à mardi pour demander une nouvelle vérification, et il va sans doute le faire

Philippe Berry

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Joe Biden, président élu des Etats-Unis.
Joe Biden, président élu des Etats-Unis. — ROBERTO SCHMIDT / AFP

C’est désormais (vraiment) officiel : après un recomptage manuel achevé jeudi, la Géorgie a certifié les résultats de la présidentielle du 3 novembre ce vendredi. Le secrétaire d’Etat avait envoyé par erreur un communiqué à la mi-journée, avant de le rétracter, puis de le republier en fin d’après-midi.

Dans la foulée, le gouverneur de Géorgie, Brian Kemp, qui a subi des pressions de Donald Trump, a indiqué lors d’une conférence de presse que « la loi stipule que le bureau du gouverneur valide la certification des résultats » et qu’il avait l’intention de « suivre la loi ». Il a toutefois critiqué les erreurs humaines révélées lors du recomptage sur environ 5.000 voix, et suggéré de faire un audit sur un échantillon de signatures des enveloppes des bulletins postaux.

Un second recomptage possible

Joe Biden est donc déclaré vainqueur, avec un peu plus de 12.000 voix d’avance sur Donald Trump, et remporte les 16 grands électeurs du « Peach state ». Mais parce que l’écart est inférieur à 0,5 point, le président américain peut demander un second recomptage, cette fois, à la machine, avant mardi. Et il va sans doute le faire, alors que ses avocats tentent de bloquer la certification des résultats dans plusieurs Etats.

Jeudi, l’avocat de Donald Trump, Rudy Giuliani, avait dénoncé une « fraude nationale », et indiqué que la campagne allait demander une nouvelle vérification. Mais cette dernière ne devrait rien changer. En Géorgie, le dépouillement a en effet été réalisé à la machine. Lors du premier recomptage manuel, les autorités ont découvert que 5.000 bulletins n’avaient pas été comptabilisés, et Donald Trump a, au final, obtenu 496 voix supplémentaires. Mais il s’agissait d’erreurs humaines dans deux comtés ruraux. Une nouvelle vérification automatique par des scanners devrait donc accoucher de résultats identiques à ceux du dépouillement, auxquels s’ajouteront les bulletins retrouvés lors de l’audit.

Jouer la montre, la nouvelle stratégie de Donald Trump

La campagne de Donald Trump a assuré que ces recomptages ne servaient à rien car les signatures des bulletins ne sont pas vérifiées. Mais lors du dépouillement, les signatures ont été contrôlées à deux reprises. En cas de litige, elles ont été examinées par trois personnes : un démocrate, un républicain et une personne en charge du scrutin. Ensuite, la signature a été séparée du bulletin afin de protéger le secret des urnes lors du dépouillement. Il est donc physiquement impossible de les vérifier à nouveau après coup.

Après une série de défaites devant les tribunaux (32 échecs pour deux victoires), les avocats de Donald Trump ont changé de stratégie. N’ayant pas réussi à convaincre les juges que des votes illégaux avaient été comptés, faute de preuve, ils tentent aujourd’hui de bloquer la certification dans plusieurs Etats.

Dans le Michigan, ils ont retiré leurs plaintes mais dénoncé les pressions que deux membres républicains du comité chargé de certifier les résultats à Detroit (Wayne county) disent avoir subies. Selon le New York Times, Donald Trump a personnellement téléphoné à un des responsables. Et vendredi, le président américain a invité plusieurs élus républicains du Michigan à la Maison Blanche. Son but ? Remettre en doute la légitimité des résultats pour les convaincre de choisir des grands électeurs pro-Trump à la place de ceux désignés par le vote populaire.

Une telle rébellion déclencherait une bataille judiciaire et constitutionnelle sans précédent. De nombreux experts estiment toutefois qu’un tel scénario est improbable. Et Donald Trump aurait besoin de renverser les résultats non seulement dans le Michigan, mais également dans deux autres Etats.