Elections municipales à Toulouse: Moudenc, le maire sortant, vire en tête, mais il y aura plus de suspense que prévu

ELECTIONS Jean-Luc Moudenc (LR, soutenu par LREM) vire en tête à Toulouse mais il est sous la menace d’une union de la gauche

H. Ménal et B. Colin

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Antoine Maurice (Archipel Citoyen, en haut) et Nadia Pellefigue (PS, PCF, PRG, en bas) et Jean-Luc Moudenc (LR, soutenu npar LREM, à droite).
Antoine Maurice (Archipel Citoyen, en haut) et Nadia Pellefigue (PS, PCF, PRG, en bas) et Jean-Luc Moudenc (LR, soutenu npar LREM, à droite). — Montage 20 Minutes
  • Dans la Ville rose, le coronavirus a plombé le scrutin des municipales. La participation est de 36,6 % contre 52,21 % en 2014.
  • Comme prévu, Jean-Luc Moudenc (LR, soutenu par LREM) vire en tête avec 36 % des voix.
  • Mais il a peu de réserves de voix, et s’attend à un second tour « extrêmement serré » alors que le total des listes de gauche compatibles dépasse les 50 %.
  • L’écologiste Antoine Maurice devient le challenger officiel. Il a toutes ses chances s’il réussit l’union de la gauche.

La bataille du Capitole n’a jusqu’ici pas passionné les sondeurs, tant Jean-Luc Moudenc (LR, soutenu par LREM), le maire sortant, était donné favori. Mais les Toulousains, et sans doute aussi le coronavirus vu la participation en berne, sont venus non pas déjouer les pronostics mais rallumer assurément le suspense.

Une analyse plus fine de ce premier tour des municipales​ dira si ce sont les personnes âgées, d’habitude assidues, qui ont décidé de rester chez elles ou si les familles ont profité du temps printanier pour prendre l’air en anticipant le grand confinement. Le fait est que seulement 37 % des électeurs toulousains se sont rendus aux urnes. Alors qu’ils étaient 52 % à faire leur devoir citoyen en 2014. « Nous sommes la liste qui subit le plus l’effondrement de la participation », affirme sans détour l’édile sortant.

Jean-Luc Moudenc en tête, mais avec peu de réserves

Malgré ce constat et comme prévu, Jean-Luc Moudenc vire en tête. Mais il est crédité d’un score de 36 %. Un bon résultat mais dans la fourchette basse pour celui qui n’a pas d’allié pour fusionner. Même s’il muscle son discours sécuritaire, comme il l’a fait dans la dernière ligne droite, les réserves sont assez faibles à droite : le centriste Franck Biasotto (soutenu par le MoDem) est crédité de moins de 3 % et le RN Quentin Lamotte, qui rêvait de faire revenir des élus de son obédience au Capitole, ne passe pas la barre des 5 %. Le sortant appelle donc les abstentionnistes à un sursaut pour « empêcher l’arrivée d’une gauche mélenchoniste irresponsable aux commandes ».

L’écologiste Antoine Maurice, challenger plus que sérieux s’il fait l’union

« C’est la première fois de l’histoire qu’à Toulouse, la gauche fait plus de 50 % au 1er tour ». L’analyse est de Pierre Cohen, (Generation. s), l’ex-maire de Toulouse, qui préfère voir le verre à moitié plein alors que son propre score (6 %) ne lui permet pas de se maintenir. Mais il prend acte et va entamer les discussions avec Antoine Maurice, le challenger en titre sur qui repose désormais tous les espoirs de la gauche.

L’écologiste, à la tête de la liste citoyenne inédite Archipel, est crédité de 27-28 % des suffrages. C’est désormais à lui de mener les négociations et il promet de le faire sans retard. « Une nouvelle ère s’ouvre pour Toulouse, plus écologique et plus solidaire », a-t-il lancé dimanche soir.

Les discussions seront plus faciles avec Pierre Cohen qu’avec la socialiste Nadia Pellefigue (UNE, PCF, PRG). La candidate, auteure d’un score de 18,5 %, mais qui a vu s’envoler ses espoirs d’être maire de Toulouse, a la dent plus dure. « Il faut toujours chercher des voies, dit-elle. Les chercher, c’est un devoir mais les trouver ne nous appartient que pour partie. » Elle milite surtout pour que le second tour soit annulé.

Deux suspenses pour le prix d’un. Y aura-t-il un second tour ? Et, si oui, la gauche toulousaine pourra-t-elle s’unir avant mardi, 18 heures ?