Municipales 2020 à Toulouse : Que pensent Moudenc et Maurice des futurs patrons américains du TFC ?

FOOTBALL Le fonds d’investissement américain RedBird Capital Partners doit racheter 85 % des parts du TFC, relégué en L2. « 20 Minutes » a interrogé le maire sortant LR Jean-Luc Moudenc et le candidat écologiste Antoine Maurice (Archipel citoyen)

Nicolas Stival

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Le TFC va bientôt battre pavillon américain.
Le TFC va bientôt battre pavillon américain. — Frédéric Scheiber / Sipa
  • Jean-Luc Moudenc, maire sortant (LR) de Toulouse, se dit « rasséréné » par ses discussions avec des dirigeants de RedBird Capital, futurs patrons du TFC.
  • L’écologiste Antoine Maurice (Archipel citoyen) « prend acte » de l’arrivée du fonds d’investissement américain, même s’il ne cache pas qu’il aurait préféré des partenaires locaux.
  • Les deux adversaires au second tour des élections municipales à Toulouse, le 28 juin, s'accordent sur la dimension citoyenne que doit conserver le club.

La réunion a duré trois quarts d’heure. Jeudi soir au Capitole, le maire de Toulouse (LR) Jean-Luc Moudenc, accompagné de Laurence Arribagé (adjointe en charge des sports) a reçu le présent et l’avenir du TFC. Olivier Sadran, patron du club depuis 2001, est venu avec son actuel bras droit Jean-François Soucasse et le très probable futur président Damien Comolli, représentant en France de RedBird Capital Partners.

Les Américains Gerry Cardinale, fondateur dirigeant de la société d’investissement américaine, et Alec Scheiner, spécialiste du sport chez « l’Oiseau Rouge », sont intervenus par visioconférence depuis les Etats-Unis. Sauf cataclysme, ce fonds né en 2014 va acheter 85 % du club relégué en Ligue 2 d’ici mi-juillet.

« Mon souhait, c’est qu’il y ait un projet sportif, pas uniquement une opération financière, explique Jean-Luc Moudenc. Quand je vois ce qui se passe à Bordeaux [détenus par un fonds d’investissement américain, les Girondins sont en plein marasme], les difficultés de mon collègue Nicolas Florian [LR], j’ai souhaité connaître ces investisseurs. »

Des investisseurs « très directs, très enthousiastes » pour Moudenc

Verdict ? « J’ai été rasséréné. Je ne les ai sentis ni ambigus, ni fuyants mais au contraire très directs, très enthousiastes, extrêmement réfléchis. Gerry Cardinale a dit qu’ils n’investissaient pas seulement avec un objectif de rentabilité, mais qu’ils s’inscrivaient sur le long terme. »

Antoine Maurice, lui, n’a pas encore rencontré les futurs tauliers du TFC, très engagés dans le sport US, comme dans le baseball (New York Yankees) et le foot américain (Dallas Cowboys) entre beaucoup d’autres. Mais la tête de liste écologiste d’Archipel citoyen (EELV-LFI) devrait le faire s’il ravit la mairie à son actuel locataire, au terme du second tour des élections municipales qui les opposera, le 28 juin.

« Bien sûr, on peut regretter qu’on n’ait pas trouvé d’investisseurs locaux car c’est toujours préférable, observe le candidat de gauche. La relocalisation, ça reste notre credo. Pour autant, on en prend acte. Le TFC reste une entreprise sportive, donc il n’y a pas de commentaire à faire sur le nouvel actionnariat. »

Si la campagne électorale s’est nettement tendue ces derniers jours, les deux adversaires assurent partager une volonté similaire : le club doit continuer d’assumer son engagement citoyen. « Le sport, c’est aussi de la cohésion sociale, le lien avec les clubs amateurs, les quartiers, la jeunesse, des secteurs dans lesquels le TFC s’est beaucoup investi, indique Jean-Luc Moudenc. Les Américains m’ont dit que c’est aussi comme cela qu’ils comptaient travailler. »

Maurice fait l'éloge de Sadran

« Même dans un sport où l’argent règne, on veut être des partenaires pour maintenir et approfondir la dimension citoyenne du club, qui doit être ouvert, généreux et solidaire, affirme Antoine Maurice. D’ailleurs, il faut saluer Oliver Sadran pour son engagement et sa passion. Il a bâti un centre de formation de qualité, tissé des relations avec les autres clubs de la ville et su préserver le Stadium de la violence. Il s’est engagé clairement contre le racisme et l’homophobie. »

Sadran devrait garder 15 % des parts des Violets, après 19 ans de règne absolu. Quand ils seront aux manettes, les Américains n’auront toutefois pas les mains complètement libres, puisqu’ils devront respecter une convention qui permet au Stade Toulousain de déserter Ernest-Wallon (19.000 places) plusieurs fois par saison pour disputer de grosses affiches au Stadium (33.000 spectateurs), propriété de Toulouse Métropole.

Didier Lacroix, un « fantastic boy » selon Olivier Sadran

« Devant ses partenaires américains, Olivier Sadran a qualifié Didier Lacroix [président du Stade Toulousain] de « fantastic boy », souligne Jean-Luc Moudenc. Ils ont dit OK. »

Toutes ces belles paroles et intentions vont rapidement être mises à l’épreuve du réel. A moins que le recours du club devant le Conseil d’Etat aboutisse à une – assez improbable — réintégration en Ligue 1, le retour rapide dans l’élite passera par Chambly, Pau ou Rodez. D’ici le début de la saison de Ligue 2, le 23 août, les nouveaux maîtres du TFC sauront avec qui ils devront traiter du côté du Capitole.