Municipales 2020 à Paris : Après la crise du coronavirus, quelle feuille de route pour Hidalgo et Belliard ?

ELECTIONS Anne Hidalgo (PS) et David Belliard (EELV) désormais unis pour le second tour ont dévoilé ce mardi matin le « Manifeste pour Paris » après la crise du coronavirus

R.L.

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Anne Hidalgo, maire sortante et David Belliard avec Arrnaud Ngatcha "Paris en commun" et Guillaume Cot déambulent et boivent un verre dans le 9e.
Anne Hidalgo, maire sortante et David Belliard avec Arrnaud Ngatcha "Paris en commun" et Guillaume Cot déambulent et boivent un verre dans le 9e. — ROROMUALD MEIGNEUX/SIPA
  • Anne Hidalgo et David Belliard, dont la liste est la grande favorite du scrutin, veulent faire de l’écologie et de la réduction de la pollution le « socle » de leur projet commun.
  • Désormais unis, ils ont dévoilé ce mardi matin en visioconférence le « Manifeste pour Paris ».
  • Si l’écologie est la grande priorité, ils veulent aussi mettre l’accent sur la crise « économique et sociale » qui découle de la « crise sanitaire ».

A douze jours de second tour des élections municipales à Paris, Anne Hidalgo (PS) et David Belliard (EELV) désormais unis ont dévoilé ce mardi matin en visioconférence le « Manifeste pour Paris ». Ce document de 38 pages n’est pas tout à fait « un programme », ni « un plan de bataille », selon l’alliance, mais plus une « vision » commune, « une approche globale ». « Presque philosophique », lâche David Belliard.

Début juin, après de longues négociations, la liste Paris en commun de la maire sortant socialiste Anne Hidalgo et les Verts emmenés par David Belliard – qui est arrivée quatrième au premier tour avec 10,8 % des voix – avaient trouvé un accord de coalition, comme en 2014. C’est d’ailleurs le seul accord qui a été scellé entre deux formations politiques à l’occasion de l’entre-deux tours dans la course à l’Hôtel de Ville.

Retrouvez les résultats du premier tour à Paris

Dans un contexte inédit où plus de 100 jours séparent le premier et le second tour de ce scrutin bousculé par la crise du coronavirus, et alors qu’un débat organisé par le service public se déroule ce mercredi soir entre les trois candidates encore en lice, Anne Hidalgo (PS), Rachida Dati (LR) et Agnès Buzyn (LREM) qui ont d’ores et déjà dévoilé leur programme de réponse à la crise, que contient cette feuille de route post-Covid-19 ? « Ce manifeste est la représentation de quelque chose de très nouveau construit à partir d’enseignements tirés de la crise », souligne David Belliard. Tour d’horizon.

 

L’écologie « au cœur du projet »

Alors que la crise du Covid-19 est aussi synonyme du retour du plastique et de masques jetés par terre, la maire de Paris veut s’inscrire dans une démarche encore plus verte pour la capitale. « Au-delà de la convergence trouvée avec nos partenaires et amis écologistes, nous avons souhaité tirer un certain nombre d’enseignements que la crise du coronavirus nous a appris. Cette crise a remis l’accent sur des sujets que nous voulons porter encore plus fort », a introduit la maire sortante précisant : « L’écologie reste, plus que jamais, le socle de notre projet. »

Concrètement, Anne Hidalgo et David Belliard souhaitent « accélérer la sortie du diesel » et « limiter la vitesse dans Paris à 30km/h car c’est surtout la nuit que cette vitesse est dépassée et qu’elle cause le plus de nuisances sonores ». Par ailleurs, les nouvelles infrastructures installées dans le cadre du déconfinement – rues piétonnes, terrasses éphémères et pistes cyclables – s’inscriront dans le temps, ont-ils confirmé. « Nous souhaitons pérenniser l’ensemble du provisoire mis en place un peu partout à Paris. Aujourd’hui, c’est plus sympa d’avoir une terrasse sur des places de stationnement avec des gens qui boivent des coups que des SUV, a lancé David Belliard. Nous ne voulons pas faire comme avant mais mieux qu’avant ». Le périphérique pourrait évoluer aussi notamment avec des feux de circulation, des passages piétons, et une vitesse réduite à 50km/h comme évoqué depuis plusieurs mois. 

Les enjeux de santé et de solidarité

Des suites de cette crise mondiale, Anne Hidalgo et David Belliard, veulent créer une « direction de la santé publique », « indispensable à un portage à haut niveau de gouvernance des questions de santé ». « Nous amplifierons la politique de territorialisation des actions de santé, en lien direct avec les arrondissements et les acteurs locaux, en nous appuyant tout particulièrement sur les communautés de professionnels de santé », disent-ils. Pour anticiper un éventuel nouveau pic épidémique, ils souhaitent « retrouver une forme de souveraineté sanitaire locale, en nous préparant aux crises possibles et probables. Nous reconstituerons les stocks de matériel de protection, en soutenant la production locale et en privilégiant des matériels lavables et stérilisables pour mettre fin au tout jetable ». Par ailleurs, la maire sortante entend mettre l’accent sur les élans de solidarité qui ont été nombreux durant le confinement. « La crise a fait naître un mouvement exceptionnel d’engagement, le rôle de la ville est d’aider à l’inscrire dans la durée », se félicitent-ils.

Après la « crise sanitaire », faire face à la « crise économique et sociale »

Anne Hidalgo et David Belliard ont promis un soutien à l’économie, au tourisme et à l’emploi dans la capitale. « Nous soutiendrons l’emploi parisien avec un plan d’urgence pour l’emploi. Notre objectif est de créer des emplois et des formations pour les personnes éloignées de l’emploi dans les filières porteuses d’avenir comme les services à la personne, les équipements sanitaires, la transition écologique. Nous accueillerons davantage d’apprentis à la Ville de Paris et chez ses opérateurs et proposerons à l’État de recréer 5.000 emplois aidés (les « parcours emplois compétences ») supplémentaires », notent-ils dans leur manifeste.