Résultats des municipales à Nice : Pourquoi la cinquième ville de France est passée à côté de la « vague verte »

ELECTIONS Selon un politologue, la capitale azuréenne n’offre pas « d’espace favorable pour les écolos »

Olfa Ayed

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Le dépôt d'un bulletin de vote dans une urne.
Le dépôt d'un bulletin de vote dans une urne. — Franck Lodi / Sipa
  • La liste Nice écologie portée par Jean-Marc Governatori est arrivée en troisième position lors du second tour des élections municipales, avec 19,28 % des voix.
  • Sans bouleverser le paysage politique de la ville, la « vague verte » semble avoir un peu touché Nice aussi.

« C’est un score inespéré pour une ville comme Nice, ancrée à droite et à l’extrême droite. C’est une belle réalisation. On a un électorat écologiste, mais pas assez mature. L’électorat en Paca voit l’écologie à gauche », constate Jean-Marc Governatori, à la tête de la liste Nice écologie (rassemblement de partis écologistes derrière EELV).

Dimanche, il a récolté 19,28 % des voix et la dernière place, derrière Philippe Vardon (RN) et ses 21,32 %. Christian Estrosi (LR), a été réélu malgré une abstention record (72,25 %) avec le score très confortable de 59,30 %.

Mais alors que des grandes villes en France ont élu des candidats de liste écologiste même dans celles historiquement à droite comme Nancy ou Bordeaux, Nice n’a pas été touchée par la « vague verte ». La capitale azuréenne est restée « cohérente avec elle-même », tranche Gilles Ivaldi, chercheur en science politique à l’Université Côte d’Azur.

Nice, une ville ancrée à droite…

« Nice est un peu différente des autres grandes villes. Elle est ancrée à droite depuis les années 1980, qui plus est, dans les élections locales. Il n’y a pas d’espace favorable pour les écolos », e le politologue.

S’ajoute aussi la réalité sociologique de la ville qui ne facilite pas l’installation d’un vote écologiste. « La population est âgée, avec des artisans et des commerçants qui sont des catégories sociales plus à droite et plutôt réticentes à l’écologie », détaille encore le chercheur. A quelques kilomètres de là, « à Valbonne, un maire écologiste [Joseph Cesaro] vient d’être élu et c’est cohérent dans cette commune », pointe encore Gilles Ivaldi.

… Mais pas insensible à la « vague verte »

Nice n’est pas (encore) un terrain favorable. « Il y a quand même une montée en puissance de la prise de conscience écologiste, se rassure le candidat EELV Jean-Marc Governartori. On a réussi à faire le meilleur score de France avec une liste 100 % écolo ». Nice écologie a réuni toutes les sensibilités du vote vert mais a refusé, contrairement à ce qui a pu se passer ailleurs dans l’Hexagone, de se rapprocher des autres listes de gauche.

Nice au cœur du socialiste Patrick Allemand et la liste citoyenne ViVa ! s’étaient partagés 15 % des votes au premier tour. « L’espace de gauche est tellement réduit à Nice, qu’une liste écolo, seule, qui fait 20 %, c’est déjà un bon score. Mais cela reste insuffisant pour provoquer un basculement comme à Lyon ou Bordeaux », conclut Gilles Ivaldi.