Municipales 2020 : Le nouveau maire de Goussainville a-t-il été fiché « S » pour islamisme ?

FAKE OFF Abdelaziz Hamida doit être élu maire de cette commune du Val-d'Oise ce samedi après avoir remporté les élections municipales

Francois Launay

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La mairie de Goussainville
La mairie de Goussainville — Capture d'écran
  • Abdelaziz Hamida est arrivé en tête des élections municipales à Goussainville le 28 juin dernier.
  • Candidat sans étiquette, il est accusé par ses détracteurs d’avoir été fiché « S » pour islamisme dans le passé.
  • Une information que le ministère de l’Intérieur se refuse à commenter.

Dimanche 28 juin, Abdelaziz Hamida est arrivé en tête du second tour des élections municipales à Goussainville, une commune du Val-d’Oise peuplée de 31.000 habitants. Avec 38,58 % des voix, cet entrepreneur sans étiquette est sorti vainqueur de la triangulaire qui l’opposait au deuxième tour au maire sortant divers gauche Alain Louis (32,85 %) et à Elisabeth Hermanville, candidate Les Républicains (28,56 %).

Mais la victoire de cet ancien président du club de foot de la ville, qui doit être officiellement élu maire ce samedi, a provoqué quelques remous et fait remonter à la surface le passé de ce quadragénaire. Dans un tweet relayé des milliers de fois, le politologue Guillaume Bigot affirmait ainsi, dès lundi, que le nouvel édile était fiché « S ».

Le 25 septembre 2019, alors qu’Abdelaziz Hamida s’était déclaré candidat aux municipales depuis plusieurs semaines, l'Express affirmait que ce dernier avait été fiché « S » par le passé pour islamisme radical.

L’hebdomadaire racontait qu’Hamida était considéré par les services de renseignement comme proche du mouvement fondamentaliste Tabligh et comptait dans son entourage plusieurs personnes fichées pour radicalisation. Des révélations qui ont provoqué immédiatement la colère de l’intéressé qui a porté plainte pour diffamation. Un procès qui devrait avoir lieu au mois de septembre 2020.

Une fiche « S », pour « atteinte à la sûreté de l’Etat », est, on le rappelle, établie par les services pour renseignement pour les personnes sur lesquelles pèsent des souçons, qu’elles aient ou non commis un délit ou un crime. Elle n’entraîne pas automatiquement une action en justice.

FAKE OFF

Contacté sur le sujet par 20 Minutes, le ministère de l’intérieur a répondu que « les inscriptions au fichier "S" ne sont pas des éléments communicables. Nous ne sommes donc pas en mesure de confirmer ou d’infirmer cette information ».

Interrogé ce samedi dans Le Parisien, Abdelamiz Hamida, qui affirme n’avoir jamais caché être musulman, se défend. « La presse m’apprend que j’ai été signalé à une époque du fait de rencontres avec des personnes qui l’étaient et non pour mes actes. Je n’ai aucune pratique contraire aux principes de la République. » Et d’ajouter : « Il semblerait que je ne figurerais plus aujourd’hui dans aucun fichier. Il ne s’agit en aucun cas d’une condamnation. »

D’ailleurs, à Goussainville, après une campagne municipale tendue, certains de ses opposants estiment que cette histoire de fiche « S » a pu l’avantager. « Ça l’a plus servi qu’autre chose. Il s’en est servi pour se victimiser. Il disait qu’on s’en prenait à lui parce que c’était un musulman qui se présentait. Ce genre de choses », lâche Véronique Danet tête de liste insoumise aux élections et conseillère municipale d’opposition.

Le conseil municipal d’investiture, qui se tient ce samedi à 14 h à la mairie de Goussainville, promet déjà d’être animé.