Nantes : Sécurité, social, circulation… Les élus écologistes veulent vite « faire bouger les lignes »

POLITIQUE Fraîchement élue au conseil municipal de Nantes, l'équipe menée par Julie Laernoes balaie les sujets de la rentrée

Frédéric Brenon

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Une partie des 21 élus du groupe écologiste et citoyen, autour de leur cheffe de file Julie Laernoes.
Une partie des 21 élus du groupe écologiste et citoyen, autour de leur cheffe de file Julie Laernoes. — F.Brenon/20Minutes
  • « Nous faisons partie d’une majorité bien différente du mandat précédent. »
  • « Il y a des enjeux forts aussi bien sur les Roms que sur les exilés. »
  • « Les propos de Pascal Bolo [adjoint à la sécurité] sont insupportables. »

Il n’avait jamais été aussi étoffé. Le nouveau groupe écologiste compte désormais 21 élus à la mairie de Nantes depuis le second tour des élections municipales. Tous font partie de la majorité (conduite par la socialiste  Johanna Rolland) et comptent bien en profiter pour « faire bouger les lignes » en faveur d’une « ville plus verte, plus solidaire ».

« Nous abordons cette rentrée avec sérénité et détermination, assure Julie Laernoes, deuxième adjointe au maire et coprésidente du groupe. Nous faisons partie d’une majorité bien différente du mandat précédent, nous construisons réellement ensemble avec une feuille de route qui est très claire. » L’attente est d’autant plus « forte » que les « projecteurs sont braqués sur les grandes villes écologistes » et que la crise a « ébranlé tout le monde ».

Accélérer sur la mise à l’abri des personnes à la rue

Dans ce contexte, les écologistes nantais se félicitent des premières mesures déjà engagées depuis l’été (ville à 30 km/h, axes cyclables, potager solidaires…). Ils aspirent désormais à accélérer sur des sujets qui leur « tiennent à cœur » comme la débitumisation des cours d’école, la plantation d’arbres en ville et, surtout, la mobilisation de 1 % du budget métropolitain pour la mise à l’abri des personnes à la rue.

« Il y a des enjeux forts aussi bien sur les Roms que sur les exilés, explique Christophe Jouin, l’autre coprésident du groupe. Il faudra articuler la mise en œuvre entre toutes les communes. Mais l’objectif c’est bien de mettre ça en place dès le budget 2021. Pour que les situations indignes se règlent le plus rapidement possible. »

« Pas là pour pourrir le quotidien des automobilistes »

Concernant les transports, les élus écolos ont conscience que les embouteillages provoqués par les nouveaux aménagements cyclables suscitent des « plaintes » chez les automobilistes. Mais ils rappellent qu’une évaluation sera faite en novembre. « Il faut regarder les choses dans leur ensemble, analyse Nicolas Martin (EELV), vice-président de Nantes métropole en charge des mobilités douces. Selon les comptages réalisés sur le pont Anne-de-Bretagne, les déplacements doux ont augmenté de 30 % tandis que le nombre de voitures a diminué de 10. » % « On n’est pas des ayatollahs, insiste Julie Laernoes. On n’est pas là pour pourrir le quotidien des automobilistes. Mais la majorité a pris des engagements contre l'autosolisme. Les changements de comportement vont se faire sur la durée. »

Les propos de Pascal Bolo « relèvent du Front national »

Le sujet de la sécurité, en revanche, reste, de toute évidence, un point de crispation avec la majorité socialiste. Julie Laernoes reconnaît un « désaccord » sur l’augmentation annoncée des effectifs policiers et le développement de la vidéosurveillance, les écologistes préférant miser sur « la prévention ». Elle reproche aussi au nouvel adjoint en charge de la sécurité, Pascal Bolo (PS), d’avoir « assimilé immigration et délinquance » dans un entretien accordé au journal Presse Océan.

« Ces propos-là sont insupportables. Ils relèvent du Front national », s’emporte-t-elle, estimant toutefois qu’il s’agissait d’une « maladresse, un dérapage » de la part du socialiste. « Ça nous a choqués », confirme Tristan Riom (EELV), adjoint au maire en charge de l’énergie. « Je ne crois pas à un tour de vis sécuritaire pour autant », parie Julie Laernoes.