L'inauguration de la statue, samedi, en présence de Claude Chirac
L'inauguration de la statue, samedi, en présence de Claude Chirac — ANP

HOMMAGE ET DEGRADATION

Nice : A peine installée, la statue de Jacques Chirac fait réagir les candidats aux municipales et se fait « amputer »

Deux doigts ont été arrachés, la municipalité indique avoir déposé plainte

  • Un cours Jacques-Chirac et une statue à l’effigie de l’ancien président ont été inaugurés la semaine dernière à Nice.
  • Des candidats aux élections municipales y ont vu un acte déplacé.
  • Deux doigts de la statue ont été arrachés.

Deux doigts en moins et des polémiques sur les réseaux sociaux. L’inauguration, samedi dernier à l’entrée du Vieux-Nice, d’un cours Jacques-Chirac et d’une statue à l’image de l’ancien président, a provoqué depuis diverses réactions.

Du candidat aux municipales Benoît Kandel (CNIP) d’abord. Dès lundi sur son compte Twitter, l’ancien premier adjoint de Christian Estrosi avançait que « l’inauguration 'Chirac' aura coûté 2,1 millions d’euros aux Niçois ». Le chiffre énoncé correspond en fait au coût de la réhabilitation globale de la cité du parc, cette entrée du Vieux-Nice, dont 900.000 euros pour la mairie de Nice et le reste aux frais de la métropole.

« Un lien entre le calendrier électoral et cette inauguration »

Mercredi, Benoît Kandel revenait à la charge sur la date de ce rendez-vous organisé à un peu plus d’un mois des élections municipales, en grande pompe, en présence notamment de Claude Chirac, la fille de l’ancien chef d’Etat. « La vraie question dans cette affaire est de savoir si cette inauguration est liée au calendrier électoral ou non ? Pour ma part, j’ai tendance à penser qu’il y a effectivement un lien de cause à effet entre le calendrier électoral et cette inauguration finalement très politique », dit-il.

Sollicité par 20 Minutes, le camp du candidat-maire conteste. « La ville ne s’arrête pas de vivre parce qu’il y a une campagne. Le maire sera maire jusqu’au bout. L’inauguration du cours Jacques-Chirac entre dans un calendrier de travaux du Vieux-Nice, annoncé et démarré depuis longtemps, argumente la ville. On a inauguré la place Pierre-Gautier, maintenant le cours Jacques-Chirac et ça sera ensuite le cours Saleya. »

« Entreprise de banalisation et de normalisation de la corruption »

Sur le fond, le choix de Jacques Chirac a également fait réagir Mireille Damiano, à la tête de la liste Viva ! (PCF, la FI, Ensemble et GénérationS). Pour l’avocate, l’inauguration du cours et d’une statue à l’effigie de l’ancien président, « condamné à deux ans avec sursis pour détournement de fonds, prise illégale d’intérêts et abus de confiance [participe] d’une inacceptable entreprise de banalisation et de normalisation de la corruption ».

Parallèlement, c’est un acte de vandalisme qui a touché la statue. Mercredi matin, deux doigts ont été arrachés sur la statue. Avec quelles motivations ? Pour le moment, mystère. Mais, la ville indique détenir « les images des auteurs grâce aux caméras de vidéoprotection », et précise qu’elles ont été « transmises à la police ». Une plainte a été déposée mercredi et « tout sera réparé ce jeudi », précise encore la municipalité.