La station de métro Porte de Versailles à Paris, qui était fermée le 5 décembre 2019 Credit:ISA HARSIN/SIPA/1912051249
La station de métro Porte de Versailles à Paris, qui était fermée le 5 décembre 2019 Credit:ISA HARSIN/SIPA/1912051249 — ISA HARSIN/SIPA

GREVE

Grève dans les transports : Le « lundi noir » annoncé à la RATP n’aura pas lieu

Malgré l'appel à la grève lancé par plusieurs syndicats de la RATP, les perturbations du trafic restent limitées

  • L’appel à la grève lancé par des syndicats de la RATP lundi devrait être peu suivi, a annoncé le gouvernement ce dimanche.
  • Cette faible mobilisation confirme un « essoufflement du mouvement » qui a peu de chances de reprendre par de nouvelles grèves, selon Rémi Bourguignon, spécialiste du dialogue social.
  • Selon ce professeur de l’Université Paris Est Créteil, les blocages des transports n’ont en effet pas démontré leur efficacité malgré une durée record du mouvement.

En décembre et janvier, ils étaient parvenus à paralyser les transports en Ile-de-France afin de protester contre la réforme des retraites. Mais alors que le texte du gouvernement est examiné en séance publique à l’Assemblée nationale ce lundi, la mobilisation des agents RATP et SNCF contre le projet du gouvernement ne se traduira pas par de nouvelles perturbations.

Dans les transports parisiens, ce lundi, les difficultés de circulation ne devraient concerner que les lignes 7, 6 et 13 (trois trains sur quatre), 2 et 4 (deux trains sur trois), 12 (un train sur deux) et 5 (un train sur quatre le matin et un train sur trois l’après-midi). Quant aux RER, lignes de bus et tramways, ils ne sont pas concernés par le mouvement. « La grève reconductible telle que nous l’avons connue début décembre est effectivement terminée », a indiqué dimanche sur BFMTV le secrétaire d’Etat aux Transports Jean-Baptiste Djebbari.

Pourtant, la semaine dernière, quatre syndicats de la RATP – l’Unsa traction, SUD, FO et Solidaires – avaient appelé à marquer le coup à l’occasion de l’examen du projet du gouvernement dans l’Hémicycle de l’Assemblée nationale. Sans réussir à produire le « lundi noir » ou la « journée morte » espérée. Pour Rémi Bourguignon, professeur de sciences de gestion à l’Université Paris Est Créteil, le faible nombre de grévistes lundi confirme un « essoufflement de la mobilisation » déjà bien engagé depuis janvier.

Grévistes épuisés, équipes démotivées

Il sera difficile, selon ce spécialiste du dialogue social, de revenir aux grèves massives de décembre et début janvier. Et pour cause, « les équipes sont épuisées et le mouvement, coûteux pour les grévistes, n’a pas démontré son efficacité, car rien n’a bougé du côté du gouvernement », relève Rémi Bourguignon. Les divergences à la RATP sur la méthode à adopter – grèves dans les transports à l’appel de l’Unsa traction dès ce lundi contre une mobilisation interprofessionnelle le jeudi 20 février pour la CGT -, montrent des désaccords tactiques. « Si le blocage est quelque chose de très efficace, on en voit aussi la limite. Le mot d’ordre du retrait ne laisse aucun espace à la négociation », explique l’enseignant.

A défaut de pouvoir relancer les grèves, les organisations syndicales poursuivent les journées de mobilisation interprofessionnelle. La dixième aura lieu jeudi 20 février, à l’appel de la CGT, de Force ouvrière, de la FSU, de l’union Solidaires ainsi que des organisations de jeunesse et étudiantes. Une méthode elle aussi critiquée, mais qui constitue une autre manière d’être présent. « Les syndicats sont en cours de négociation dans le cadre de la conférence de financement et attendent des concessions du gouvernement. Dans un tel contexte, il faut qu’il y ait du rapport de force », estime Rémi Bourguignon.