«Le Chinois» devant les assises

© 20 minutes

— 

Le procès de Jean-Claude Bonnal et de ses cinq complices s’est ouvert hier devant la cour d’assises du Val-de-Marne. Agé de 52 ans, celui qui est surnommé « le Chinois », en raison de ses origines vietnamiennes, doit répondre d’un quadruple homicide à Athis-Mons (91) et d’un double meurtre de policiers au Plessis-Trévise (94), commis en 2001. Le procès avait été reporté en septembre après une semaine de bataille de procédure : la défense réclamait le jugement séparé des deux affaires. Hier à Créteil, le procès s’est ouvert dans une ambiance plus sereine. L’avocat de Bonnal a affirmé que son client, qui nie les faits, « souhaitait pouvoir s’expliquer de la meilleure manière possible ». Braqueur multirécidiviste, Jean-Claude Bonnal a passé vingt-neuf ans derrière les barreaux depuis 1973. En 2001, il avait été mis en liberté conditionnelle alors qu’il était soupçonné du braquage d’un bureau de change au Printemps-Haussmann (9e). C’est au cours de cette période de liberté qu’il aurait commis les six meurtres, relançant le débat sur la récidive en pleine campagne présidentielle. Le premier épisode s’est déroulé dans un bar-tabac d’Athis-Mons. Trois hommes venus cambrioler l’établissement avaient abattu les propriétaires, un couple de quadragénaires, une serveuse et la femme de ménage. Dix jours plus tard, au Plessis-Trévise, cinq cambrioleurs à la recherche de bijoux ligotaient un couple et ses deux enfants. Prévenus par une nièce dissimulée dans le pavillon, les policiers étaient arrivés rapidement sur les lieux. Une fusillade avait éclaté, deux policiers avaient été tués et un troisième blessé. La participation de Jean-Claude Bonnal dans cette dernière affaire est attestée par son empreinte ADN sur un gant retrouvé sur place. Djamel Bessafi, 32 ans aujourd’hui, avait été arrêté alors qu’il tentait de prendre la fuite. Plus tard, la brigade de répression du banditisme (BRB) avait interpellé Cherif Asslouni et Zahir Rahamani. La présence sur les lieux de Brahim Titi est prouvée par une empreinte génétique sur une cagoule. Ce dernier est également soupçonné d’avoir participé au quadruple meurtre d’Athis-Mons. Un troisième homme est jugé dans ce premier volet, Hakim Bouhassoune. Les deux affaires seront examinées à tour de rôle et la cour entendra la fille des propriétaires du bar-tabac, rescapée des faits. Bonnal est le seul des six hommes à répondre des deux séries de meurtres et de la tentative d’homicide sur le policier. Il encourt la réclusion criminelle à perpétuité. Programmé jusqu’au 31 janvier, le procès a été placé sous « surveillance policière renforcée ». (Avec AFP)

braquage Arrêté pour l’affaire du Printemps en 1998, Bonnal a passé deux ans en détention provisoire. C’est lors de sa remise en liberté conditionnelle, en 2001, qu’ont lieu les meurtres. En 2004, il a été acquitté du premier braquage.