Vaucluse : Bientôt un parc naturel régional du Ventoux pour mieux contrer les effets des « flux de tourisme »

ENVIRONNEMENT Le président de la République s’est prononcé en faveur de la création d’un parc naturel régional du Ventoux, qui devrait voir le jour sous peu

Mathilde Ceilles

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Le Mont Ventoux en 2016
Le Mont Ventoux en 2016 — PhotoSport Int/Shutters/SIPA
  • Le président de la République s’est prononcé en faveur de la création d’un parc naturel régional du Ventoux.
  • Une manière, espère les porteurs du projet, de contrer la pression touristique sur la zone.
  • Le sommet du Mont Ventoux enregistre chaque année un million de visiteurs.

Le projet continue de gravir les sommets. Après des années de procédure, le président de la RépubliqueEmmanuel Macron s’est prononcé en faveur de la création d’un parc naturel régional du Ventoux. Des déclarations qui viennent valider un processus initié dès le milieu des années 1950, pour un des sites du Vaucluse les plus célèbres au monde.

Et à en croire les porteurs du projet, la création d’un parc naturel régional devenait urgente. En cause notamment : la pression touristique qui s’exerce dans la région, en particulier sur le sommet du Mont Ventoux. « C’est une zone très fréquentée, estime Jacqueline Bouyac, conseillère régionale déléguée aux parcs naturels régionaux. Et au sommet du Ventoux, à force de faire n’importe quoi, on a laissé des espèces disparaître. On laissait faire. On était au Ventoux comme on était au milieu de la campagne. Il n’y avait pas de respect. Après le Tour de France, il fallait ramasser toutes les saletés que les gens peuvent laisser par terre. »

Un million de visiteurs au sommet du Ventoux

« Le Ventoux doit continuer d’être un haut lieu touristique qui profite aux cyclistes, mais il faut gérer la circulation des touristes, les flux de tourisme sur les quatre faces du Ventoux, où l’on a énormément d’impact sur l’environnement aujourd’hui, abonde Ken Reyna, tout nouveau directeur du syndicat du Mont Ventoux. On enregistre un million de visiteurs au sommet du Ventoux, qui est de plus ouvert six mois par an, au cœur d’un territoire extrêmement attractif compte tenu de la proximité de la vallée du Rhône. »

Et de détailler : « Avec le parc naturel régional, les visiteurs ne seront pas au sommet du Ventoux livrés à eux-mêmes. Ils devront garer la voiture à tel endroit, prendre tel sentier, avec une équipe d’écogardes qui va intervenir dès cet été pour préserver le site. » « Ça n’empêchera pas les gens de jeter leurs bouteilles par terre, reconnaît Jacqueline Bouyac. Mais un parc naturel régional va inciter à plus de respect. On va mettre des jeunes qui vont aller à la rencontre des touristes pour leur dire ce qu’ils peuvent faire ou non. »

Les porteurs du projet espèrent de plus développer grâce au parc une agriculture plus respectueuse de l’environnement, dans une zone rurale où beaucoup vivent de la terre, et notamment des vignes. Restent toutefois deux petits hic. Le principe d’un parc a été adopté par 35 communes sur les 39 initialement… mais qui peuvent revenir sur leur décision une fois les municipales passées. Reste également au Premier ministre de signer officiellement le décret de création du Parc, après un avis favorable du conseil national de la protection de la nature. Ce dernier auditionnera les tenants du projet le 26 février prochain.