Mercantour : Faute de neige, une station ferme ses pistes en pleines vacances scolaires et propose… de la luge d’été

PAS L'OMBRE D'UN FLOCON Cette station qui compte cinq pistes et trois remontées mécaniques n'est pas équipée de canon à neige

F.Bi. avec AFP

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Illustration d'un flocon de neige
Illustration d'un flocon de neige — Free-Photos/Pixabay
  • Pour la première fois, la station de Turini-Camp d’argent a fermé ses pistes dès le 13 février, en pleines vacances scolaires
  • A cause du manque de neige, « il n’est pas possible de pratiquer le ski en toute sécurité », explique un responsable.
  • Dans les stations non équipées de canons à neige, comme celle-là, « il faut réfléchir à autre chose », à d’autres activités, avance-t-il.

Elle propose désormais aux vacanciers de s’essayer… à la luge d’été. Privée de flocons depuis un mois, la petite station de ski de Turini-Camp d’Argent (Alpes-Maritimes), dans le massif du Mercantour, a fermé ses pistes en pleine période de congés scolaires.

« Elle n’est pas équipée d’enneigeurs et donc soumise aux aléas climatiques. Comme la neige n’est pas là et qu’il n’est pas possible de pratiquer le ski en toute sécurité, nous avons décidé de fermer les pistes le 13 février », a expliqué ce lundi Christophe Ollivier, responsable du développement du syndicat mixte Vésubie-Valdeblore.

« Février c’est, d’habitude, la meilleure période pour nous »

Les vacanciers qui avaient réservé des chambres à l’hôtel sont néanmoins venus, mais ils doivent maintenant se rabattre sur la « luge tubbing », une activité qui consiste à dévaler une pente équipée d’un tapis synthétique, assis sur une grosse bouée, et qui d’habitude n’est proposée qu’à partir du mois de juin.

« J’avais beaucoup de réservations pour des cours de ski mais j’ai tout annulé, c’est terrible », déplore Laure Nervi, la gérante de la station : « Février c’est la meilleure période pour nous, celle où d’habitude on travaille le plus ».

Depuis cinq ans qu’elle gère cette station qui compte cinq pistes et trois remontées mécaniques, c’est la première fois que cette mésaventure se produit. « Les années précédentes, nous arrivions à tenir jusqu’à mi-mars, voire fin mars ». Le personnel saisonnier, en dehors de deux moniteurs de ski détachés de la station voisine d’Auron et qui y sont retournés, reste toutefois employé à l’entretien de la station.

Dans les stations non équipées, « il faut réfléchir à autre chose »

« Est-ce qu’on est inquiet pour l’avenir ? Non, on verra, de toute façon, on n’y peut rien », avance Laure Nervi, qui trouve « dommage » que sa station, qui culmine à 1.900 m d’altitude, ne soit pas équipée de canons à neige : « Si on en avait eu, on aurait peut-être pu continuer, et encore, avec les températures qu’on a, ce n’est même pas sûr ».

« Les stations de moyenne altitude, comme c’est le cas pour nombre d’entre elles dans les Alpes du Sud, si elles ne sont pas conçues pour le produit neige, avec des retenues collinaires, ce n’est pas possible, il faut réfléchir à autre chose », pointe Christophe Ollivier, qui souligne qu’il n’est « pas question » d’installer de gros équipements à Turini-Camp d’Argent.

La Colmiane, l’autre station gérée par le syndicat mixte Vésubie-Valdeblore, située à une altitude plus basse, est, elle, ouverte à 70 %, pointe le responsable. Mais elle est équipée d’enneigeurs.