Paris : Une campagne de Greenpeace sur l’urgence climatique refusée dans le métro

PUBLICITE L’ONG ne décolère pas ce lundi matin après que sa campagne d’affichage a été refusée par Mediatransports, principale régie publicitaire des transports franciliens

Fabrice Pouliquen

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Vous ne verrez pas cette affiche conçue par l'agence Strike pour Greenpeace dans le métro parisien. Elle a été retoquée par la région Mediatransports.
Vous ne verrez pas cette affiche conçue par l'agence Strike pour Greenpeace dans le métro parisien. Elle a été retoquée par la région Mediatransports. — Greenpeace / Agence Strike

« Les pubs pour les SUV ou le transport aérien c’est bon mais interpeller nos décideurs politiques sur l’urgence climatique c’est interdit… » L’ONG Greenpeace digère mal, ce lundi matin, que leur nouvelle campagne de communication ait été retoquée par Mediatransports, la principale régie publicitaire des transports parisiens. Elle a été refusée de la même façon par une vingtaine de cinémas en France.

Oui au SUV, non à l’urgence climatique ?

Conçue avec l’agence Strike, cette campagne, qui comprend un film de soixante secondes, un dispositif d’affichage et une diffusion numérique, veut illustrer le décalage entre les discours et les actes des décideurs politiques. Différentes séquences mettant en scène l’aggravation des événements climatiques font apparaître les mots « BLA BLA » en glace, en bois, en plastique, en métal, décrit l’ONG sur son site Internet. Ces mots s’effondrent, s’envolent dans des tornades, sont emportés par des inondations ou brûlent dans de gigantesques incendies avec, en contrepoint sonore, des extraits de discours ambitieux sur le climat des présidents Nicolas Sarkozy, François Hollande et Emmanuel Macron.

Selon Greenpeace, Mediatransports a jugé cette campagne « trop politique », bien que les visuels aient été jugés conformes par l’Autorité de régulation professionnelle de la publicité (ARPP). « Dans un contexte où les alertes scientifiques se succèdent pour expliquer que nous sommes la dernière génération à pouvoir agir, il est surprenant de constater que Mediatransports considère des affiches rappelant l’urgence climatique comme indignes du métro parisien, alors que les compagnies aériennes par exemple y développent des campagnes d’ampleur, incitant les voyageurs à prendre l’avion comme d’autres prennent le métro », fustige Jean-François Julliard, directeur général de Greenpeace France.

Dans le métro de Lyon et Toulouse

« Le refus n’est pas lié au message environnemental que Greenpeace voulait faire passer, précise à 20 Minutes Alexandra Lafay, directrice de la communication à Mediatransports. Mais en tant que régie publicitaire intervenant sur le domaine d’entreprises publiques que sont la SNCF et la RATP, nous ne sommes pas autorisés à diffuser des campagnes à caractère politique. De la même manière, un politique ne pourra pas faire de publicité dans le métro en marge d’une élection ou pour interpeller le public sur un sujet d’actualité comme celui des retraites. »

Si la campagne est refusée dans le métro parisien, Greenpeace rappelle qu’elle a été acceptée en revanche par Clear Channel, autre régie publicitaire intervenant sur les réseaux de transports dans d’autres villes. « Les affiches seront visibles dans les stations du métro de Lyon et Toulouse et sur le réseau tram de Montpellier et Bordeaux », détaille Laurence Veyne, directrice de la communication de Greenpeace.

« Le refus de Mediatransports est d’autant plus surprenant que la régie a déjà accepté par le passé des campagnes d’autres ONG interpellant directement Emmanuel Macron sur d'autres grandes causes, poursuit-elle. Notamment le Sida avec les campagnes de Solidarités Sida ou d’Aides, la dernière remontant à novembre dernier. »