Morbihan : Face au dérèglement climatique, le festival photo de la Gacilly se voit comme « un lanceur d’alerte »

PHOTOGRAPHIE L'événement culturel accueille plus de 300.000 visiteurs chaque été

Camille Allain

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Une petite fille devant les clichés de Vincent Munier exposés au festival photo de La Gacilly.
Une petite fille devant les clichés de Vincent Munier exposés au festival photo de La Gacilly. — C. Allain / APEI / 20 Minutes
  • Le festival photo de La Gacilly, dans le Morbihan, accueille chaque année plus de 300.000 personnes.
  • Les organisateurs souhaitent alerter les visiteurs des conséquences du dérèglement climatique sur la nature et sur les peuples.
  • Le festival qui s’ouvre le 1er juin se voit de plus en plus comme « un lanceur d’alerte ».

Il accueille chaque année 300.000 visiteurs, c’est dire si son impact est grand. Engagé depuis sa première édition pour le respect des peuples et de la nature, le festival photo de La Gacilly (Morbihan) est devenu l’un des événements culturels français les plus engagés pour la préservation de la planète.

Forte de son succès grandissant, l’équipe organisatrice se voit même comme « un lanceur d’alerte », selon Auguste Coudray. A la tête de l’événement photographique du Morbihan depuis les débuts en 2004, le président se rêve aussi en « révélateur de solutions » face au dérèglement climatique. « Quand le festival a été créé, notre planète n’était pas dans le même état. Au fil des années, notre programmation est devenue de plus en plus engagée », admet Stéphanie Retière-Secret, directrice nommée l’an dernier.

Pour sa 17e édition, qui débutera le 1er juin, le festival se penchera sur l’Amérique latine, théâtre récent de gigantesques feux qui ont ravagé l’Amazonie et sa si précieuse forêt. « On a tous été émus par ces images, de voir ce symbole de la biodiversité qui brûle, témoigne Cyril Drouhet, commissaire des expositions. L’Amérique du Sud est en proie à un dégagisme politique. Comme souvent quand il y a une crise, ce sont les photographes et les artistes qui sont les premiers témoins des dégâts ».

« Des images d’une effrayante beauté »

Pour alerter les visiteurs sur les ravages de l’homme sur la nature, le commissaire des expositions a sélectionné de nombreux photographes engagés comme Sebastião Salgado, « l’un des cinq plus grands photographes au monde ». Le Brésilien exposera « Gold », un travail mené en 1986 dans une mine d’or à Serra Pelada (la montagne pelée, en portugais) dans l’Etat du Para, en Amazonie. « Des images d’une effrayante beauté », qui alertent sur les conditions d’exercice de ces chercheurs d’or, sans jamais montrer le fameux minerai.

« La première fois que je vis la mine, je restais sans voix. J’en avais la chair de poule : 52.000 hommes qui travaillaient, sans une seule machine, dans un trou béant profond de 200 mètres », témoignait le photographe au sujet de son passage dans la mine.

Les images exposées au festival photo de La Gacilly sont tirées en grand format et présentées en extérieur.
Les images exposées au festival photo de La Gacilly sont tirées en grand format et présentées en extérieur. - C. Allain / 20 Minutes

La Gacilly s’attardera également sur les photos de Carolina Arantes prises autour du gigantesque barrage de Belo Monte, dans le même Etat de Para. Ou sur l’œuvre de Tomas Munita, qui a partagé le mode de vie nomade de cow-boys dans la Terre de feu, à l’extrême sud du continent sud-américain. Ou encore sur les images de l’Italien Luca Locatelli mettant en lumière le gigantisme de Dubaï. « Notre festival continue de ne pas fermer les yeux pour que nos enfants puissent continuer à voir ces merveilles », conclut Cyril Drouhet.