Coronavirus en Occitanie : Surprise, bien moins de dioxyde d’azote dans l’air, mais un peu plus de particules

QUALITE DE L'AIR Le confinement a des effets très positifs sur la présence de dioxyde d’azote dans l’air. En revanche il n’a eu aucun impact sur les particules en suspension la première semaine

Jérôme Diesnis

— 

Un capteur de pollution de l'air à Nîmes.
Un capteur de pollution de l'air à Nîmes. — Jérôme Diesnis / Agence Maxele Presse

Le confinement de la population a des conséquences très fortes sur l’activité économique et par effet de dominos, sur la circulation des véhicules et des camions. L’étude hebdomadaire d’Atmo Occitanie (organisme en charge de surveiller la qualité de l’air dans la région) est très claire en ce qui concerne les concentrations en dioxyde d’azote (NO2) : « L’impact de la diminution du trafic routier suite aux mesures de confinement se traduit par des concentrations nettement plus basses et globalement plus stables sur l’ensemble de la journée », expliquent les spécialistes. « Nous n’avons jamais enregistré de concentrations si basses à proximité du trafic routier sur une si grande période et telle échelle de territoire », précise Dominique Tilak, sa directrice générale.

Les mesures réalisées le samedi 21 mars, au quatrième jour de confinement, montrent une concentration de dioxyde d’azote quatre à cinq fois moins important (selon les heures) que la moyenne sur la même période des trois années précédentes dans les stations de contrôle de qualité de l’air influencées par le trafic routier régional. Le secteur des transports contribue pour deux tiers dans les émissions de NO2 régionales. En situation de fond urbain (à distance des principales voies de circulation), la baisse est là aussi très importante.

Les conditions météorologiques et l’écobuage masquent la diminution du trafic routier

Mais, surprise : si la qualité de l’air s’améliore nettement pour ce qui concerne le dioxyde d’azote, les concentrations en particules en suspension (PM10) ou en particules fines (PM2,5) sont plus fortes en Occitanie à l’issue de la première semaine de confinement. Les raisons sont liées essentiellement à la météo. « De mardi à jeudi, la région Occitanie a été marquée par la présence dans l’air de particules sahariennes apportées par les masses d’air, analyse Atmo. En fin de semaine, les conditions météorologiques ont favorisé la formation de particules secondaires qui ont contribué à l’augmentation des particules dans l’air ambiant ».

« Ces mesures restent très basses, précise néanmoins Dominique Tilak. Une des sources de particules importante est le chauffage au bois et au fioul ainsi que l’écobuage, le brûlage des déchets verts, des déchets de vigne, de vergers. C’est une pratique interdite pour les particuliers mais autorisée pour les professionnels. Elle est utilisée de façon importante dans les Pyrénées, un peu moins dans l’est de la région. Ces feux de végétaux enrichissent la masse d’air en particule ce qui masque l’impact de la réduction de circulation au niveau des particules fines. »

Mesurer tous les impacts du confinement sur la qualité de l’air « demande un délai plus long », précise Dominique Tilak. La très probable augmentation de la période de confinement devrait permettre la réalisation d’une étude pertinente.