Malaisie : Le commerce des oeufs de tortue marine bientôt interdit dans l’Etat de Terengganu

ANIMAUX Le commerce des œufs de tortue fait partie de la culture locale dans cet Etat du nord-est de la Malaisie

20 Minutes avec agences

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Illustration d'une tortue luth.
Illustration d'une tortue luth. — JOBARD/COEURS DE NATURE/SIPA

L’Etat de Terengganu, important lieu de ponte pour les tortues marines dans le nord-est de la Malaisie, interdira à la fin de l’année le commerce de leurs œufs, ont annoncé ce jeudi les autorités locales. En dépit des pressions d’organisations de défense de l’environnement, cet Etat continuait d’autoriser la vente des œufs de certaines espèces, un mets recherché dans les restaurants locaux et que certains habitants considèrent comme un aphrodisiaque.

Mais les populations de tortues ont rapidement décliné ces dernières années en raison de ce commerce, de la pollution, mais aussi du fait qu’elles sont chassées pour leur chair ou leur carapace.

« Sauver la vie marine »

Ainsi, les autorités ont décidé d’interdire le commerce des œufs d’ici la fin de l’année en raison « d’une importante baisse des arrivées de toutes les espèces de tortues dans l’Etat de Terengganu », a déclaré à l’AFP Azman Ibrahim, un homme politique local influent. « Nous espérons que cela permettra de sauver la vie marine, de protéger l’environnement et de renforcer les revenus touristiques de l’Etat », a-t-il ajouté, sans donner de détail sur les pénalités qu’impliquerait le commerce des œufs de tortue.

Avec sa longue côte baignée par la mer de Chine méridionale, l’Etat de Terengganu est le lieu de ponte le plus important en Malaisie péninsulaire pour les tortues. La ponte comme l’éclosion des œufs sont aussi des attractions touristiques majeures.

Toutes les espèces concernées

La vente des œufs de tortue luth avait déjà été interdite en raison de la baisse du nombre d’animaux venant pondre. L’an prochain, le commerce des œufs de trois autres espèces sera prohibé : la tortue imbriquée, la tortue olivâtre et la tortue verte.

Pour Elizabeth John, de l’ONG Traffic, cette mesure est « une décision capitale pour la protection des tortues marines ». Mohamad Uzair Rusli, un biologiste travaillant à la préservation de ces reptiles, a aussi salué « une décision audacieuse » mais averti que l’enjeu serait de faire respecter cette interdiction.