Une pêcherie de thon rouge certifiée durable dans l’Atlantique malgré la désapprobation des ONG

SURPÊCHE Selon le MSC, le thon rouge est désormais redevenu une espèce « durable » et n’est plus menacé

20 Minutes avec agences

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Un thon rouge tout juste pêché est ramené dans le port de Sète (Hérault), le 17 mai 2014
Un thon rouge tout juste pêché est ramené dans le port de Sète (Hérault), le 17 mai 2014 — Pascal Guyot AFP

C’est une première. L’organisation MSC, qui délivre un label de pêche durable, a récemment certifié une pêcherie de thon rouge en Atlantique Est. L’entreprise japonaise détient 0,2 % des quotas de pêche de thon rouge.

« C’est l’histoire d’une pêche qui a réussi à se redresser », a indiqué Jean-Charles Pentecouteau, directeur du MSC France, dans un communiqué. « Le thon rouge d’Atlantique Est était une espèce autrefois menacée et aujourd’hui, nous pouvons affirmer qu’elle est durable. »

Une « tendance dangereuse » selon les ONG

Le thon rouge, très apprécié des gourmets et amateurs de nourriture japonaise, a été victime de surpêche pendant des dizaines d’années en Méditerranée et dans l’Atlantique. Le monde de la pêche a drastiquement réagi quand une des trois espèces pêchées a failli être ajoutée à la liste des espèces menacées de l’ONU. Des quotas de pêche drastiques et des mesures de protection ont été adoptés, permettant aux stocks de poissons de se reconstituer.

WWF, qui avait co-créé MSC, ne partage pas cet avis. Cette décision est « l’illustration alarmante […] le MSC est devenu un label répondant plus à la demande du secteur de la pêche qu’à des preuves scientifiques de durabilité », a indiqué un responsable dans un communiqué. L’ONG s’inquiète d’une « tendance dangereuse, susceptible de menacer le rétablissement complet du thon rouge et […] la restauration de l’état des océans d’ici à 2030 ».

Pour l’ONG Pew Trusts, cette certification intervient alors que « les scientifiques sont incapables de confirmer que le stock [de thons rouges] s’est remis d’années de pêche non-durable et illégale ». Selon les militants, il y a « une surcapacité des pêcheries de thons rouges en Méditerranée qui pourrait déboucher de nouveau sur de la surpêche ».